Les contaminations repartent à la hausse: "Je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter, il faut être vigilant", selon Yves Coppieters

La situation dans la quasi-totalité de l’Espagne et du Portugal se dégrade en matière de contaminations au coronavirus. La mise à jour de la carte de l’ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control) ce jeudi montre d’ailleurs ces deux pays presque totalement en rouge.


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Ces deux pays ne sont, pour autant, pas des cas isolés. Dans la plupart des pays européens les cas de contaminations repartent à la hausse. La Belgique n’échappe pas à cette tendance.


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Faut-il s’en inquiéter ?

Yves Coppieters ne pense pas qu’il faille s’en inquiéter, mais il faut être vigilant, dit-il. L’augmentation des contaminations s’explique pour deux raisons, analyse l’épidémiologiste et professeur de santé publique à l’ULB. Il y a tout d’abord le besoin de réaliser des tests pour pouvoir partir en vacances et "on trouve, fatalement, toujours des gens positifs". Et puis, il y a aussi la reprise des activités chez les jeunes. Le taux de positivité est d’ailleurs important dans la tranche d’âge 15-30 ans.

Mais le spécialiste insiste : "ce qu’il faut voir maintenant, c’est s’il y a toujours ce parallélisme entre ces contaminations et les hospitalisations", qui est évidemment un indicateur important. Or, il y a toujours un décalage de 2 à 3 semaines. Il s’agira donc d’être attentif entre la fin du mois de juillet et la mi-août, afin de vérifier si la situation actuelle a des répercussions sur les hospitalisations, "mais, a priori, il y aurait dissociation des deux. Pourquoi ? Parce que la Belgique est un des pays qui a le mieux vacciné à l’échelle européenne. Et donc, on voit vraiment que la population des plus de 65 ans est très bien protégée, même avec deux doses. Et même chez les plus de 18 ans, on est déjà à quasi 50% qui ont reçu leur première dose".

Yves Coppieters estime donc que nous sommes un des pays privilégiés, ce qui expliquerait que l’on pourrait avoir cette dissociation et donc "pas de répercussions a priori. Peu sur les hospitalisations et sur les formes graves".

Les vaccins utiles ?

En parlant de vaccins, comment se fait-il que malgré la vaccination, les cas remontent ? Yves Coppieters rappelle que le vaccin est utile pour protéger des formes graves du Covid-19, mais aussi pour limiter sa transmission "ça, c’est bien prouvé". Et il poursuit : "les personnes qui sont vaccinées, peuvent encore transmettre, mais ils ont moins de risques de transmettre aux autres". Le vaccin est donc utile, mais le vaccin ne va pas, par lui-même, diminuer la circulation du virus, précise-t-il. "Il faudra vivre avec le virus, mais il faut à tout prix diminuer sa circulation. Bien sûr par la vaccination et puis aussi par les gestes barrières, le testing, etc.".

Selon ce spécialiste il s’agit donc de poursuivre dans cette dynamique-là, parce que la Belgique n’est pas isolée du monde. La Belgique dépend aussi de la gestion de l’épidémie à l’échelle européenne et à l’échelle mondiale. "C’est vrai qu’on a la chance d’être très bien vaccinés et il faut continuer cet effort, en tout cas chez celles et ceux qui sont à risque. Mais, si cette épidémie n’est pas gérée à l’échelle mondiale, on risque d’avoir toujours des courants et éventuellement des variants qui réaugmentent les contaminations, malgré la vaccination".

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