Les connaissances scientifiques des étudiants belges sur le réchauffement climatique en net recul

Les mobilisations en masse des jeunes contre le réchauffement climatiques
Les mobilisations en masse des jeunes contre le réchauffement climatiques - © ATTILA KISBENEDEK - AFP

Si la jeunesse se mobilise en masse pour le climat, les savoirs scientifiques des élèves pour appréhender le réchauffement climatique laissent à désirer. Une enquête effectuée auprès de plus de 3.250 jeunes de 5e et 6e secondaire, tant en Flandre qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles, montre que leurs connaissances sont en recul par rapport à 2015. A titre d’exemple, alors qu’un élève sur cinq parvenait en 2015 à identifier quelle est la nature d’un effet de serre, aujourd’hui, ils ne sont plus que 13%.

Pour un étudiant sur dix, il n’y a pas de réchauffement climatique

62% des élèves interrogés en 2019, sont persuadés que les centrales nucléaires émettent du CO2. Une moitié, seulement, identifie comme émetteurs de CO2 l’élevage animal et les centrales électriques au gaz. Enfin, un élève sur dix estime que le charbon est une énergie renouvelable et pense qu’il n’y a pas de réchauffement climatique.

Selon Nico Hirtt, le président de l’APED (Appel pour une école démocratique), ce recul dans le domaine des connaissances sur le climat est emblématique d’un recul global des connaissances chez les enfants. Il met en cause les programmes scolaires d’approche par compétence appliqués aujourd’hui dans les écoles. Les contenus cognitifs sont jugés moins importants que la capacité d’utilisation du savoir. Résultat,on observe un recul des connaissances des élèves en histoire, en science, et beaucoup d’autres domaines.

Une méconnaissance plus grande encore dans l'enseignement professionnel

Si ce constat est réel pour tous les types d’enseignement, c’est surtout vrai dans l’enseignement professionnel et technique où la formation générale est de plus en plus appauvrie. Sous la pression du marché du travail, on a spécialisé de plus en plus les formations qualifiantes. Elles sont, désormais, orientées en fonction de la demande du marché du travail, au détriment des connaissances générales.

 

Nico Hirtt, le président de l’APED ne fait pas que poser des constats, il propose aussi des solutions : " Nous pourrions d’intégrer un cours spécifique sur le climat dans le cursus scolaire ou alors de l’intercaler dans les cours de physique, de technologie ou les cours d’économie prévus par le pacte d’excellence. "

Le président de l’APED propose aussi, à l’avenir, d’inscrire dans les programmes d’enseignement et dans les socles de compétences, quelles sont les connaissances requises pour les élèves.

Une bonne nouvelle, le degré de conscientisation et de volonté d’agir sont en progrès. Conséquence sans doute des mobilisations de ces derniers mois.

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