Les compagnons dépanneurs: des bricoleurs au grand coeur depuis 1970

Tous les matins depuis 47 ans, la sonnerie du téléphone retentit dans les bureaux de Saint-Gilles. Les compagnons dépanneurs y répondent aux nombreux appels de personnes dans le besoin qui font face à de petites pannes.

Robinet qui fuit, problèmes d'électricité ou de chauffage, les demandes son nombreuses. "On a un peu tous les profils", explique Cécile Nyssen, administrateur délégué de l'asbl, "On est étonné qu'il y ait pas mal de personnes jeunes qui vivent dans la misère et dans le besoin, beaucoup de familles monoparentales, des mamans seules avec plusieurs enfants et aussi des personnes âgées pour qui la solitude est un grand problème".

Matériel de récupération

L'atelier situé à la rue de la Glacière est le cœur de l'association. C'est au milieu des rangées de tuyaux, vis, et pièces en tous genres que les compagnons viennent prendre leurs outils avant de partir sur chantier.

"On a ici en général du matériel de récupération, précise Didier Van Derton, bénévole et responsable de la section de Bruxelles, mais on a aussi des dons reçus, ou du matériel dans lequel on investit grâce à des dons ou des subsides pour exécuter de la manière la plus professionnelle possible les travaux de dépannage que les bénéficiaires sollicitent".

Plus de 2000 chantiers à Bruxelles

En 2016, rien qu'à Bruxelles, l'asbl est intervenue sur plus de 2000 chantiers. Ce jour-là, Charles Coppein et Guy Verniers ont une mission : réparer le chauffe-eau d'une mère de trois enfants. Astrid et ses fils ne pouvaient plus prendre de douche chaude et l'intervention gratuite des dépanneurs est un soulagement.

"Je suis ici toute seule, dans ce pays", nous confie cette mère d'origine colombienne, "J'ai seulement mes trois garçons qui sont nés ici, mais ils sont encore petits. Je n'ai pas de famille et je ne sais pas vers qui me tourner".

Beaucoup de retraités

Bilan du dépannage : un détartrage du chauffe-eau à l'atelier suffira. Comme la plupart des compagnons dépanneurs, Guy et Charles sont retraités. Charles était comptable, il s'est lancé il y douze ans après s'être accordé une année sabbatique.

"Au début, j'avais un peu d'appréhension, nous confie-t-il, j'avais peur de me retrouver, moi l'ancien comptable qui aime bricoler, avec uniquement des professionnels, mais non. Il y a vraiment de tout dans les bénévoles. Petit à petit j'ai été initié aux arcanes des dépannages de chauffe-eau, de convecteurs, de robinets qui coulent, de robinets qui ne coulent plus, et voilà : j'ai l'espoir de continuer encore longtemps".

Une action qui a du sens

Avec Guy, ils consacrent deux jours par semaine à l'aide des plus précaires. "On a d'abord un sentiment très égoïste d'utilité", explique Guy, ancien manager d'entreprise, "mais avec certains bénéficiaires, on a parfois l'impression que c'est la seule visite qu'ils auront de toute la semaine. On sent que rien que notre visite, indépendamment du dépannage, ça a du sens pour eux".

Des dépanneurs de plus en plus nombreux répartis dans huit sections en Belgique. Comme Guy et Charles, ils sont aujourd'hui près de 300 bricoleurs au grand cœur. La section du Brabant Wallon est d'ailleurs à la recherche de bénévoles. Si vous souhaitez aider l'association, n'hésitez pas à participer à la grande brocante du samedi 11 novembre dans les locaux de Saint-Gilles.

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