Les compagnies aériennes critiquent la fermeture du ciel, l'UE répond

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Plusieurs compagnies aériennes élèvent la voix. Elles estiment que la fermeture de l'espace aérien n'est pas nécessaire et veulent qu'on les laisse juger de la sécurité de leurs passagers. L'UE ne partage pas cette idée.

"Nous ne partageons pas les critiques des compagnies" aériennes, a déclaré le ministre espagnol des Transport, José Blanco, lors d'une conférence de presse organisée à l'issue d'une réunion d'urgence, par téléconférence, des ministres européens des Transports.

"La sécurité est primordiale" a-t-il ajouté, face au mécontentement des compagnies européennes dont les vols sont bloqués depuis jeudi par des interdictions de vols décrétées en Europe en raison de risques liés au nuage de cendres du volcan islandais Eyjafjöll.

British Airways estime que les risques sont minimes

 

La fermeture de l'espace aérien britannique est "inutile", a estimé lundi le directeur général de la compagnie aérienne britannique British Airways (BA), Willie Walsh, après un vol d'essai dimanche qui n'a révélé aucune difficulté. "L'analyse que nous avons faite jusqu'à présent, tout comme celle d'autres vols d'essai réalisés par d'autres compagnies, fournit de nouvelles preuves que les restrictions globales actuellement imposées à l'espace aérien sont inutiles", a déclaré Willie Walsh, cité dans un communiqué du groupe britannique.

"Nous estimons que les compagnies sont plus à même d'évaluer toutes les informations disponibles et de déterminer quels risques existent, le cas échéant, pour les passagers, l'équipage et l'appareil", a-t-il ajouté.

"Les risques sont minimes. Nous appelons le gouvernement à adopter de manière urgente une nouvelle politique qui nous permettrait de reprendre les vols. Nous nous basons chaque jour sur notre expertise pour évaluer les risques dans une importante gamme de problèmes de sécurité", a déclaré Willie Walsh.

"Nous estimons que nous devrions être autorisés à utiliser la responsabilité, que nous avons déjà en ce qui concerne les problèmes de sécurité, pour les récentes éruptions volcaniques en Islande", a-t-il conclu.

Air France a réussi plusieurs vols tests

Même son de cloche du côté d'Air France qui a estimé lundi que les informations pour fermer les aéroports étaient "insuffisantes" après avoir réalisé sans incidents cinq vols tests destinés à mieux connaître l'impact du nuage de cendres sur ses avions.

Air France a indiqué n'avoir relevé aucune anomalie à l'issue de cinq vols d'évaluation effectués sans passagers dimanche en accord avec la Direction générale de l'aviation civile française (DGAC), à l'instar d'autres compagnies européennes.

Les vols d'évaluation donnent "un point de vue très pragmatique" pour "valider l'absence de risques", a poursuivi Pierre-Henri Gourgeon, directeur de la compagnie."Nous sommes face à une situation inédite et imprévisible (...) Cela ne peut pas être pire", a-t-il ajouté.

"En temps normal, Air France assure 70 aller et 70 retours de vols longs-courriers par jour. Demain (mardi), nous espérons en avoir 17 dans chaque sens, soit un quart de notre activité normale. C'est faible", a-t-il expliqué.

Air France estime perdre 35 millions d'euros par jour depuis la fermeture des aéroports parisiens jeudi.

Ca gronde aussi en Allemagne

Dimanche déjà, des voix s'élevaient pour critiquer la fermeture des espaces aériens. Les deux plus grandes compagnies aériennes allemandes, Lufthansa et Air Berlin, ont critiqué les autorités pour l'absence de calcul de la concentration de cendres volcaniques dans l'air.

"En Allemagne, il n'y a même pas eu de ballon météo pour mesurer si et combien de cendres volcaniques se trouvent dans l'air", a critiqué Joachim Hunold, patron de la deuxième compagnie allemande Air Berlin dans le Bild am Sonntag.

La Lufthansa a également effectué plusieurs vols tests, qui se sont révélés positifs.

Pour l'IATA, l'UE a mal géré la crise

Le directeur de l'Association internationale du transport aérien (IATA) a lui aussi élevé la voix, critiquant la gestion de la crise par l'Union européenne.

"C'est un embarras pour l'Europe et c'est une pagaille européenne", s'est emporté Giovanni Bisignani, interrogé sur la BBC radio Four. "Il a fallu cinq jours pour organiser une conférence téléphonique avec les ministres des Transports" de l'Union européenne, a-t-il dénoncé.

"Les Européens utilisent encore un système basé sur un modèle théorique, au lieu de prendre une décision basée sur des faits et une étude du risque", a-t-il estimé.

"La décision (de fermer les espaces aériens) doit être basée sur des faits et soutenue par une étude du risque", a-t-il ajouté. "Nous devons remplacer cette approche générale par une approche pratique."


J.C., avec Belga

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