Exploitation sexuelle, maltraitance... Child Focus dénonce une augmentation record des cas pendant le confinement

Les cas de maltraitance sur les enfants ont fortement augmenté pendant le confinement
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Les cas de maltraitance sur les enfants ont fortement augmenté pendant le confinement - © RinoCdZ - Getty Images

Le nombre de cas de maltraitance d’enfants a fortement augmenté pendant le confinement par rapport à la même période l’année dernière. "Nous sommes mi-juillet 2020 et nous avons plus de dossiers d’atteinte à l’intégrité sexuelle des enfants que sur l’ensemble de l’année 2019", dénonce Child Focus ce mercredi. Dans une lettre ouverte, l’organisation tire la sonnette d’alarme.

A la mi-juillet 2020, Child Focus a déjà ouvert plus de dossiers relatifs à l’intégrité sexuelle des enfants que sur l’ensemble de l’année 2019.

Explosion des cas d’abus en ligne

Depuis le début du confinement, le nombre de signalements de "grooming", soit des adultes qui abordent des mineurs en ligne avec un but d’abus sexuel, a triplé, alerte ce mercredi Child Focus. Les dossiers d’extorsion sexuelle ont eux augmenté de 118%, tandis que les plaintes de jeunes harcelés sexuellement en ligne ont doublé.

Le point de contact civil stopchildporno.be a également recensé trois fois plus de signalements d’abus sexuels. Child Focus cite par ailleurs un rapport d’Europol, qui fait état d’une multiplication par 10 du nombre d’images d’abus sexuels repérées en mars.

Le confinement a augmenté les risques

Europol a analysé à de nombreux égards l’impact du coronavirus sur la criminalité. Et la cybercriminalité est l’un des domaines qui a le plus explosé pendant cette période. Incluant par la même les abus sexuels sur les enfants, indique l’agence européenne des polices.

C’est aussi ce que dénonce Child Focus, pour qui le mal aurait pu, si ce n’est être évité, du moins mieux anticipé. "Dès le début de la pandémie, les spécialistes ont mis en garde contre ce qu’un confinement pourrait signifier pour de nombreux enfants, mais leurs conseils ont été ignorés. En Belgique, les écoles ont été fermées, les activités de loisirs et de sport ont été suspendues. Rester à l’intérieur était le mot d’ordre. A la rue de la Loi, on ne semblait pas penser à l’impact de tout ceci sur les enfants et les jeunes fragilisés. Sans nous en rendre compte, nous avons condamné certains enfants à la maltraitance, à l’exploitation et aux abus", s’insurge l’association dans une lettre ouverte.

 

Selon Europol, en effet, la surveillance montre que l’activité criminelle en ligne à l’égard des enfants a considérablement augmenté au moins de mars 2020, suivant ainsi la courbe de la pandémie et du confinement. Une tendance qui s’observe dans tous les pays de l’Union européenne mais de façon particulièrement importante au Danemark, en Irlande mais également en Belgique où les signalements ont presque triplé.

D’ailleurs, pointe Europol, les activités sur le 'darkweb' se sont particulièrement intensifiées. Certains criminels voyant dans le confinement une opportunité.

Et parallèlement, pendant le confinement les enfants ont passé beaucoup plus de temps sur internet et les réseaux sociaux. D’ailleurs, rappelle Child Focus, "en deux ans, l’âge moyen pour obtenir un smartphone est passé de 11 ans à 9,6 ans". C’est pourquoi, l’association demande aux autorités de faire de " l’éducation aux médias, une priorité absolue".

Pour Child Focus, le danger peut venir des proches

Au-delà de l’activité criminelle en ligne, le confinement a également davantage exposé les enfants avec leur proche. C’est ce que pointe Child Focus qui ne s’étonne pas de cette explosion de ces chiffres. En effet, selon Child Focus, "l’idée que les enfants soient victimes d’un tiers inconnu a depuis longtemps été contredite par la dure réalité : les enfants sont généralement victimes d’un proche. Il s’agit même souvent de quelqu’un qui vit sous le même toit".

De plus dit l’association, "le confinement a également entraîné une diminution du contrôle social sur les auteurs".

Dans sa lettre ouverte, l’association interpelle les politiques pour qu’ils se saisissent de la question et pour que la "lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants […] une priorité absolue".

Archives JT du 16/06/2020 : Hausse des cas d'enfants maltraités suite au confinement

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