"Les caméras de surveillance ont un impact très relatif sur la criminalité"

La salle de contrôle de la SNCB
La salle de contrôle de la SNCB - © FRANCOIS WALSCHAERTS - EPA

Les caméras de surveillance ont un impact très relatif sur la criminalité et ne permettent que très rarement la détection d'infractions en temps réel, ressort-il jeudi des conclusions d'une enquête menée auprès de la SNCB par Vincent Francis, chargé de cours à l'Université Catholique de Louvain.

Vincent Francis a mené durant deux ans une enquête sur les stratégies de sécurisation du rail belge et les caméras de surveillance installées par la SNCB, "première entreprise belge à avoir misé massivement sur les nouvelles technologies dans un but de sécurisation".

Selon le chercheur, les caméras "rendent l'espace le plus menaçant possible pour ceux qui veulent y commettre un délit" (voleurs, resquilleurs, tagueurs, etc.).

En ce qui concerne l'influence sur le public, certains individus vont commettre leur délit ailleurs, où ils ne seront pas filmés; certains oublient la présence de la caméra et certains enfin agissent expressément devant les caméras, stimulés par le goût du risque, relève Vincent Francis. Les caméras suscitent par ailleurs des actes de résistance : destruction des appareils, camouflage pour éviter d'être filmé, etc.

"La stratégie de la SNCB vise au déplacement de la délinquance, à défaut de dissuasion comportementale", conclut le chercheur.

Difficile de détecter l'infraction en temps réel

L'étude démontre aussi que les caméras ne permettent que très rarement la détection d'infractions en temps réel. Le nombre d'images à visionner au même instant est en effet tel que leur surveillance en direct par le personnel en devient forcément impossible.

La SNCB a installé 3300 caméras dont 2724 dans ses gares. Celles-ci couvrent 52 gares, par lesquelles transitent plus de 70 % des usagers. Au total, 500 agents Sécurail travaillent pour la sécurité de la SNCB, tandis que 503 policiers sont détachés à la police des chemins de fer.

Belga