Les bouquinistes de Paris feront-ils partie du patrimoine immatériel de l'Unesco?

Quiconque a visité Paris a déjà vu ces vendeurs de livres, gravures et babioles installés le long des Quais dans le cœur historique de la ville-lumière, entre Notre-Dame et le Louvre. Ils sont plus de 200 et enferment tous les soirs dans leurs grandes boîtes en fer des livres par centaines, constituant ainsi la plus grande bibliothèque à ciel ouvert du monde. Mais Internet mène la vie dure à ces bouquinistes qui aimeraient voir reconnu leur activité dans ce qu’elle a d’exceptionnel.

Qu’est-ce que le patrimoine immatériel ?

Quand l’Unesco a commencé il y a 40 ans à dresser la liste du patrimoine de l’humanité, elle s’est attachée à classer des lieux matériels, culturels ou naturels. Dans le premier cas, c’est par exemple la grand-place de Bruxelles, dans l’autre ce sont les îles Galapagos.

Mais ensuite, elle a créé une nouvelle catégorie pour des activités qui méritent d’être classées en raison de leur caractère exceptionnel et original. Il doit s’agir d’une tradition qui s’est perpétuée à travers les âges, d’un savoir-faire qui se transmet et est perçu comme tel par une communauté.

Pour prendre un exemple belge, on pourrait citer les marches de l’entre Sambre et Meuse. Et du côté de la France, il y a notamment la tradition du menu à la française, composée d’une entrée, d’un plat principal et d’un dessert avec fromage en option.

Et les bouquinistes ?

Ce qui fait leur originalité c'est de proposer des milliers de livres aux passants en plein coeur de Paris, et de le faire depuis le XVIème siècle. Pour autant, il faudra faire le ménage car à certains endroits l’activité tient davantage de la vente de souvenirs bon marché que d’une tradition originale à dimension culturelle. Le dossier est seulement en cours de constitution et n’a pas encore été rentré officiellement par la France au siège de l’Unesco.

En attendant, on se dira que les Belges sont quelque peu concernés par cette candidature, car le bouquiniste, c’est celui qui vend des bouquins, qui vient du néerlandais "boek". Car beaucoup de livres interdits en France au XVIe et XVIIeme siècle étaient publiés dans nos régions. Ils arrivaient par la Seine et étaient immédiatement vendus sur les quais.

Aujourd’hui, pour quiconque en fait l’expérience, une promenade en bord de Seine agrémentée de la découverte d’un livre original, d’une photo inédite ou d’une revue d’autrefois est un plaisir réel…et sans doute immatériel.

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