Les bornes de rechargement pour voitures électriques en Belgique sont-elles trop peu présentes ?

Il est de plus en plus régulier de voir des places de stationnement équipées d’une borne de recharge pour voiture électrique, le plus souvent sur des parkings de grandes surfaces, hôtels, concessionnaires automobiles, parkings payants. Des quotas existent, comme à travers le Pacte énergétique wallon, pour une transition de l’essence à l’électrique d’ici 2030. Mais ces bornes sont-elles suffisantes pour accueillir ce changement qui s’offre de plus en plus à nous économiquement et technologiquement ?

Une directive européenne approuvée en octobre 2014 fixait pour objectif qu'à la fin 2020 "le nombre de points de chargement public ou accessible au public devrait correspondre à environ 10% du nombre de véhicules électriques en circulation à ce moment-là".

Avec près de 24.000 véhicules électriques (ainsi que près de 155.000 hybrides, comme l’indique StatBel), la Belgique devrait donc être dotée d’un peu moins de 2500 bornes de recharges accessibles au public. La Belgique a largement atteint ses objectifs. Hors bornes de domiciles privés, on dénombre un total de 4128 points de recharges rassemblant 12.421 prises, payantes ou gratuites confondues. Celles-ci sont localisées, avec leurs disponibilités, leurs tarifs ainsi que leurs puissances sur le site et l’application Chargemap.

Des bornes pas assez bien localisées ?

Il y a déjà un an, Bruno Classens, président de l’ASBL AMPERes (Association pour la Mobilité Propre, Electrique et RESponsable) qui regroupe des utilisateurs faisant le pari de la voiture électrique, se disait confiant quant au bon développement de l’autonomie des batteries permettant bon nombre de trajets sans devoir effectuer un arrêt : “L’autonomie des véhicules électriques ne cesse d’augmenter. Pour ma première voiture, j’avais une autonomie de 150 km. Les modèles sur le marché offrent aujourd’hui une autonomie de 400 km, voire 500 km.

Mais plusieurs difficultés peuvent encore être rencontrées. La première ? Est-ce que vous disposez des moyens pour recharger la batterie ? Et si ce n'est pas le cas, disposez-vous d'une borne à proximité de votre domicile ? Chargemap livre sur son site une répartition des lieux où trouver ces bornes. Près de 23% restent non-identifiés. Mais les bornes se trouvent en grande partie au niveau des parkings, des commerces, des concessions automobiles, des hôtels, des restaurants ainsi que des entreprises et voiries. En revanche très peu près de gares, hôpitaux ou services publics. 


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Même si l’autonomie permet de réaliser la grande majorité des possibilités de trajets étant donné la superficie de notre pays, pour certains allers-retours une recharge est nécessaire.

Plus de bornes, moins d'attente

En Belgique, compte-tenu de la superficie de notre pays, la plupart des trajets peuvent être réalisés avec l'autonomie des batteries. Mais pour des trajets plus longs ou même des allers-retours, il faudra pouvoir trouver un point pour recharger la batterie. C'est là que se pose la question de la disponibilité d’une borne ainsi que sa puissance de charge (qui fera durer plus ou moins longtemps l’attente avant de reprendre la route).

De son côté, la France a décidé d’investir pour aider à équiper 440 aires d’autoroutes concédées (avec péage) et nationales comme l’annonçait le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebarri. Une enveloppe à hauteur de 100 millions d’euros pour "rattraper un retard".

Quel coût pour une recharge ?

Un retard mais pas que, car le prix d’une borne influence aussi les usagers, certaines gratuites, d’autres payantes. Il n'y a pas d'uniformité. De son côté, Bruno Classens défend ce coût de recharge comme toujours inférieur à celui d’un plein d’essence ou de diesel, et reste l’option d’installer une borne à son domicile, pour ceux et celles qui disposent d'un garage, pour un prix compris entre 1500 et 2000 euros.

Une transition vers l'électrique trop lente ?

Face aux pays du nord comme la Norvège qui disposaient déjà d’un parc automobile électrique à 8% en 2018, ceci grâce à de nombreuses aides pour encourager les consommateurs à effectuer la transition de l’essence à l’électrique, La Belgique et ses 0,3% font pâle figure. Le réseau est en place, le nombre d’immatriculations de voitures électriques ou hybrides est en constante augmentation mais celui-ci semble loin des objectifs souhaités par le Pacte énergétique wallon.

Atteindre 18% de véhicules électriques à batterie d’ici 2030 alors que nous sommes en dessous de 1%, l’objectif est ambitieux et des concessionnaires n’ont pas caché leur avis à l’émission On Est Pas Des Pigeons : "Je devrais pousser à acheter de l’électrique, mais financièrement, vous ne vous y retrouverez pas. L’hybride et l’électrique sont surtout intéressants pour les sociétés qui ont un incitant fiscal avec une déduction jusqu’à 100%. Ce qui n’est pas le cas en Wallonie et à Bruxelles pour les particuliers ".

Un avis qui contraste avec celui d’AMPERes qui juge nécessaire de calculer le coût du véhicule au kilomètre sur sa durée de vie : Une fois que l’achat est fait, on n’a plus de frais de carburant. Les taxes (liées au diesel) et les frais d’entretien sont également réduits". Les modèles se généralisent et deviennent de plus en plus abordables à l’achat en comparaisson d’un véhicule à motorisation essence ou diesel. En janvier, Deloitte affirmait dans une enquête qu’un belge sur trois envisage d’acheter un modèle électrique ou hybride.

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