Les Belges peuvent se procurer des médicaments lourds via des pharmacies en ligne aux Pays-Bas

Les Belges peuvent se procurer des médicaments lourds via des pharmacies en ligne aux Pays-Bas
Les Belges peuvent se procurer des médicaments lourds via des pharmacies en ligne aux Pays-Bas - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

L’Agence fédérale belge des médicaments et des produits de santé (AFMPS) a tiré la sonnette d’alarme aux Pays-Bas car les pharmaciens néerlandais fournissaient très facilement aux patients belges des médicaments lourds, écrit Het Nieuwsblad lundi.

L’été dernier, le sulfate de dexamphétamine, utilisé pour traiter les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), a été très difficile à obtenir en Belgique.

Mais les patients belges pouvaient le trouver facilement sur internet via des pharmacies néerlandaises, a découvert la députée N-VA Kathleen Depoorter, par ailleurs pharmacienne. Il suffirait d’une ordonnance belge pour pouvoir acheter le médicament en question même si celui-ci ne sera toutefois pas remboursé.

"Lorsque ces patients ont envoyé leur ordonnance belge par internet, ils n’ont rencontré aucun problème pour recevoir le médicament à domicile", explique-t-elle. "Ils recevaient même une proposition de la pharmacie de leur livrer une nouvelle dose du médicament à intervalles réguliers", s’offusque-t-elle.

Il s’agit de "pratiques illégales, tant en Belgique qu’aux Pays-Bas", souligne la ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open Vld).

L’AFMPS a dès lors sonné l’alarme auprès des autorités néerlandaises – plus particulièrement le ministère néerlandais de la Santé publique – en demandant que ces pratiques cessent.

Selon un rapport émis l’année dernière par l’agence fédérale des médicaments et produits de santé, plus de 5700 colis postaux contenants des médicaments illégaux auraient été interceptés en Belgique.

Automédication en hausse

Cette annonce intervient au même moment que l’annonce d’une étude publiée par Solidaris. Celle-ci indique une augmentation de la pratique de l’automédication chez les Belges.

Une étude sur le même sujet avait déjà été publiée en 2014. Cinq ans plus tard, il en ressort que trois quarts (75,8%) des familles monoparentales ont recours à l’automédication.

Un renoncement aux soins pour raisons financières est la principale raison invoquée par Solidaris pour expliquer cette hausse de l’automédication. Une méfiance à l’égard de l’industrie pharmaceutique est également avancée puisque sur plus d’un millier de personnes interrogées, il apparaît que 57,7% des sondés (47,2% en 2014) estiment que les entreprises pharmaceutiques font parfois de la publicité trompeuse ou du moins cachent certains effets négatifs de leurs médicaments.

En outre, 63% des personnes interrogées pensent que le gouvernement est plus attentif aux intérêts de l’industrie pharmaceutique qu’aux intérêts des individus. Les Belges sont de plus en plus nombreux à penser qu’il n’y a pas de différence d’efficacité thérapeutique entre un médicament original et son générique (passant de 55,1% à 61,8%). Une progression tirée particulièrement par les plus jeunes, observe Solidaris.

Autre constat de l’enquête : plus de cinq personnes sur 10 estiment qu’il y a un usage excessif du médicament dans notre société (plus de six sur 10 à en 2014).

Face aux résultats de l’enquête, Solidaris appelle à "lutter contre la 'médicalisation de la vie' et la marchandisation du médicament, aux niveaux européen et belge".

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