Les Belges ne bougent pas assez et ce n'est pas sans risques pour la santé

Le constat est clair (et on s’en doutait), nous sommes nombreux à ne pas bouger assez. En 2014, l’Institut Scientifique de Santé Publique, Sciensano, pointait dans un rapport sur l’activité physique et sédentarité le fait qu’une personne sur cinq restait assise plus de 8 heures par jour en Belgique. Ça, c’était il y a 7 ans. La crise sanitaire actuelle, le confinement et le télétravail n’ont certainement pas amélioré la situation avec notamment le déplacement vers son lieu de travail qui n’est plus nécessaire et qui était pour certains l’occasion de pratiquer la marche ou le vélo, etc. Sans oublier aussi la fermeture des salles de sport depuis des mois.

Les risques

La Ligue de Cardiologique Belge rappelle que rester immobile tout au long de la journée derrière son poste de travail n’est pas sans danger pour la santé. Elle rappelle que la Belgique est le 6e pays européen où le taux moyen passé en position assise est le plus élevé. Dans une étude, l’université d’Oxford pointe les risques liés à l’inactivité physique qui serait associée à une augmentation de 24% du risque de maladies cardiovasculaires, 16% du risque d’accident cérébral et de 42% le risque de diabète.

L’OMS, l’Organisation mondiale de la Santé note quant à elle que : "la sédentarité représente l’un des principaux facteurs de risque de mortalité liée aux maladies non transmissibles" et qu’"environ 3,2 millions de décès chaque année sont attribuables au manque d’exercice". La sédentarité est considérée comme le quatrième facteur de risque de décès dans le monde.

Témoignages

Dans son cabinet, le cardiologue Antoine Bondue reçoit une patiente d’un âge mûr. Lors de la consultation, elle explique qu’elle allait mieux il y a quelques mois après avoir pratiqué du sport. Mais voilà, la crise sanitaire est passée par là et elle a cessé toute activité physique avec pour conséquences notamment des difficultés à respirer, mais aussi : " j’ai des douleurs à la jambe, mal à la tête. Je ne pète pas la forme ".

Autre témoignage, celui de Noémie, consultante en cybersécurité. En temps normal, elle passe pas mal de temps devant son ordinateur, mais depuis un an : "depuis un an, comme toute mon équipe, je suis en télétravail à la maison. Et donc, je ne vais plus au bureau le matin à pied ou à vélo et je ne vadrouille plus entre nos bureaux et les réunions chez les clients. Là, je suis entre ma table, ma cuisine et un petit peu mon bureau en haut. Donc, je bouge beaucoup moins".

Il faut bouger

Il est donc temps de nous remettre en mouvement. L’exercice physique régulier permet de diminuer de 20% à 30% les risques de maladies cardiovasculaires insiste le Professeur Antoine Bondue, cardiologue et président du Comité Scientifique de la Ligue Cardiologique Belge et de rappeler les recommandations de l’OMS : " pour être en bonne santé, il faut faire jusqu’à 150 minutes d’exercice modéré par semaine réparties en 5 séances (5 fois 30 minutes en moyenne : ndlr) et on se rend compte qu’il y a très peu de Belges qui atteignent cet objectif ". Des recommandations qui peuvent se pratiquer à la maison et sans équipement particulier. " Cette année, c’est d’autant plus vrai qu’avec la situation de Covid, la sédentarité s’est un petit peu immiscée dans l’ensemble des foyers belges ".

Pour la troisième année consécutive, la Ligue de Cardiologie Belge annonce la campagne "Please stand up and move" pour lutter contre la sédentarité. Elle aura lieu du 19 avril au 2 mai. L’idée est de proposer pendant deux semaines un programme sportif, sous forme de vidéos, conçu par des cardiologues et adapté à tous les niveaux.

Faire du sport est l’idéal, mais la Ligue de Cardiologie propose déjà quelques astuces pour les personnes en télétravail. Notamment : se déplacer régulièrement, téléphoner debout, idem pour les réunions, préférez la marche ou le vélo pour les courtes distances, etc.

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