Les bars sont-ils vraiment une des principales sources de contaminations du coronavirus ?

Note de la rédaction: Cet article a été publié le 28 septembre. Suite à la fermeture des cafés ce jeudi en Région bruxelloise, il nous a semblé opportun de le remettre en avant.

L’augmentation du nombre de cas positifs et surtout, l’augmentation des hospitalisations en Région bruxelloise ont poussé, samedi, les autorités régionales (en concertation avec les bourgmestres des 19 communes bruxelloises) à prendre de nouvelles mesures pour lutter contre le coronavirus. Parmi celles-ci, l’obligation pour les bars et cafés de fermer leur établissement dès 23h (au lieu d’1h). Mesure qui entre en vigueur dès ce lundi 28 septembre.

Le soir même dans notre JT de 19h30, Yves Van Laethem, virologue et porte-parole du centre de crise, déclarait ceci sur notre plateau : "Il y a plusieurs causes aux contaminations et en partie, des réunions familiales, on le sait. Il y a dans le nord du pays, dans la province d’Anvers, en France également, un certain nombre de situations qui ont montré que, au sein de tout ce qui est récréatif au sein de l’horeca, ce sont effectivement les bars qui semblent être un point de départ de contaminations, de clusters […]".

Et d’ajouter que "le soir venant, l’alcool venant, le mouvement dans le bar n’étant pas le même que celui d’un restaurant où l’on est assis, les risques de contaminations, en tout cas, y sont potentiellement plus importants".

Sur quelles études se base-t-on ?

Mais sur quoi se base-t-on pour affirmer cela ? Des études ont-elles été menées en Belgique ? Quels sont les chiffres ?

Différents contacts ont été pris avec les autorités, mais pour l’instant, nous n’avons reçu aucune réponse. Nous avons donc posé la question lors de la traditionnelle conférence de presse du Centre de crise ce lundi matin. Et voici la réponse d’Yves Van Laethem :

Concrètement, il n’existe aucune étude belge à ce propos, seulement des "cas de clusters détectés dans des bars". "Des données complémentaires" sont donc nécessaires.

Mais le porte-parole du Centre de crise fait référence à des études scientifiques étrangères et "des rapports récents" (en Asie comme en Corée, aux Etats-Unis, au Canada ou dans d’autres pays européens) qui montrent "que les bars sont un des facteurs qui peut jouer un rôle".

"Ce que l’on comprend par la mobilité liée au bar en lui-même par rapport à un restaurant, par exemple ou au fait que si on a un verre devant soi, on ne va pas sans arrêt remettre son masque en place", ajoute-t-il.

 

Les bars… et les restaurants sont des risques de contaminations

Cette étude américaine, nous vous en avons parlé au début de ce mois. Des épidémiologistes (des experts des Centres de prévention et de lutte contre les maladies) ont interrogé un peu plus de 300 personnes de plus de 18 ans qui avaient développé des symptômes similaires au COVID-19 et qui venaient se faire dépister. Une étude réalisée entre le 1er et le 19 juillet dernier dans onze hôpitaux différents.

Dans le questionnaire, les participants ont dû expliquer ce qu’ils avaient fait lors des 14 jours précédant les symptômes.

Si un peu moins de la moitié de ces personnes se sont avérées positives, toutes ont affirmé porter le masque de façon similaires que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, sauf dans deux endroits : les bars et les restaurants.

De plus, les cas positifs étaient deux fois plus nombreux à être allés au restaurant que les cas négatifs. Idem pour les bars pour une sous-catégorie (les cas positifs n’ayant pas eu de contact connu avec des cas de Covid-19).

Et si cette analyse doit être confirmée par d’autres, les auteurs de cette étude concluent que "les expositions et activités lors desquelles le port du masque et la distanciation physique sont difficiles à maintenir, notamment dans des endroits où l’on mange et l’on boit sur place, pourraient constituer d’importants facteurs de risque pour contracter une infection par le SARS-CoV-2".

Raisons, sans doute, pour lesquelles les autorités françaises ont décidé, la semaine dernière, la fermeture totale des bars et restaurants à Marseille et à Aix-en-Provence.

D’autres études, d’autres conclusions…

En août dernier, une étude suisse indiquait pourtant que "le cercle familial est la principale source de contamination au coronavirus" suivie par "le lieu de travail". Quant aux discothèques, clubs, bars et restaurants, ils venaient loin derrière.

Plus près de chez nous, l’Agence flamande de Soin et Santé a conclu en début de ce mois que "nous contractons le coronavirus principalement au travail et à l’école, avant de contaminer les membres de notre famille".

Et d’ajouter que "peu de foyers de contaminations liés à l’horeca ou aux clubs de sport sont actuellement constatés".

Bref, à l’heure qu’il est, tout le monde a son opinion et encore très peu de chiffres statistiques pour en tirer de bonnes conclusions.

D’autres déclarent que si l’école est essentielle, ce n’est pas le cas des bars. Mais là aussi, tous ne seront certainement pas d’accord.

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