Les banques de sperme sont en manque sérieux de dons

En plus des hétérosexuels confrontés à l'infertilité, un nombre croissant de couples homosexuels sont candidats. Et le cadre légal belge ainsi que l'expertise scientifique locale ont fait bondir la demande provenant des pays voisins. Mais l'offre ne suit pas."Les centres de PMA doivent se fournir à l'étranger, surtout auprès de banques de sperme danoises Cryos et Nordic Cryobank", confirme le biologiste Olivier Gaspard, responsable technique du laboratoire de PMA du CHU de Liège.

Cryos, le numéro un mondial, vend des centaines de milliers de paillettes de sperme (des mini-éprouvettes contenant des millions de spermatozoïdes) par an dans plus de 50 pays. Le prix d'une paillette varie entre 39 et 49 euros. Le sperme d'un donneur est généralement distribué à plusieurs femmes mais celui d'un donneur "exclusif" peut coûter jusque 12 000 euros. "Sans les dons danois, les centres de PMA belges ne pourraient répondre qu'à 10% ou 20% de la demande", précise Olivier Gaspard.

La pénurie vient d'un manque d'altruisme et de communication car, en Belgique, la publicité est interdite pour les banques de sperme. La sévérité des critères de recevabilité du sperme et la batterie de tests médicaux est la deuxième cause de pénurie. "Quand on a fini tous les tests, sur 25 candidats, il en reste 4 en bout de course", constate Michel Dubois, directeur médical du centre PMA de l'Université de Liège.

Par ailleurs, la qualité du sperme s'appauvrit globalement. "Dans les années 60, l'OMS fixait la norme à 60 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme. Depuis 2010, elle est de 15 millions par millilitre", ajoute M. Dubois.

Une "rémunération" appropriée du don de sperme pourrait être un facteur d'attractivité. Mais, en Belgique, seul un "dédommagement" est prévu. A titre d'exemple, au CHU de Liège, on octroie 75 euros par don.


Belga

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