Les avocats belges sont-ils inquiets pour leur sécurité après le meurtre de leur confrère néerlandais?

Maître John Maes
Maître John Maes - © Tous droits réservés

L’avocat Derk Wiersum, abattu en pleine rue mercredi à Amsterdam, a sans doute payé le fait que son client est un repenti de la mafia marocaine. Le milieu avait déjà tué son frère. Cette fois-ci il s’en est pris à son défenseur.

Associés à leur client

Les avocats doivent défendre toutes les causes. Des causes parfois incompréhensibles pour le grand public qui fait souvent l’amalgame entre le client et son défenseur. On sait que les avocats de Marc Dutroux ou de Salah Abdeslam avaient dû être protégés lors des procès. Les risques ne sont donc pas nouveaux. Ce qui est, heureusement plus rare, c’est qu’un avocat soit assassiné.

Avocats de repentis

La mafia et les réseaux criminels n’aiment pas beaucoup qu’un des leurs se mette à table et les dénonce. Si le repenti est caché, le risque peut glisser vers ses proches, histoire de tenter de faire taire le dénonciateur.

Pas encore en Belgique

La loi belge prévoit aussi, depuis 2018, la possibilité d’utiliser des repentis. Pour maître Maes, avocat à Anvers, la situation n’est pour le moment pas comparable en Belgique. Pour lui, la criminalité aux Pays-Bas est beaucoup plus violente, notamment à Amsterdam. Mais il n’exclut pas qu’un tel drame puisse, un jour, se dérouler chez nous. Les criminels évoluent, ont de moins en moins de limites. Et pour eux, l’avocat d’un repenti est celui qui a négocié avec le procureur et qui connaît les informations révélées par celui qui s’est mis à table en échange d’une bienveillance de la justice. Pour le moment, les repentis n’ont pas été utilisés, chez nous, dans des affaires de sang. Mais cela arrivera un jour. Et dans ce cas, la justice devra sans doute penser à protéger l’avocat du repenti.

 

 

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