Les aides-ménagères manifestent pour des salaires plus élevés: "Il y a beaucoup de femmes très jeunes qui sont déjà malades"

Les aide-ménagères du secteur des titres-services sont descendues pour la première fois dans la rue ce jeudi. Elles réclament une hausse de leurs salaires, et de meilleures conditions de travail. L'action a lieu en front commun syndical. Les manifestants sont, selon un syndicaliste un bon millier.

Nous travaillons vraiment très dur. Notre travail est très physique

Parmi les femmes occupées dans ce secteur, beaucoup vivent seules avec ou sans enfants, et elles gagnent un salaire qui avoisine, en moyenne, 1500 euros par mois. C'est le cas de Barbara, qui travaille à Bruxelles. Elle partage ses journées entre plusieurs clients, et les temps de déplacement ne sont pas payés. "Le temps que nous perdons à changer de place, ce n'est pas payé. Parfois, je travaille à Uccle et après, je dois me déplacer au Heysel. Ça prend du temps, surtout quand il y a des embouteillages. On mange vite un petit sandwich dans le bus, ou dans le tram, pour ne pas perdre de temps de travail. Nous aussi, on a besoin d'être un peu chez nous. Mais, ce n'est pas toujours facile, surtout au point de vue de la santé. Il y a beaucoup de femmes très jeunes qui sont déjà malades. Elles ont des problèmes de dos, des problèmes au poignet et à la tête, ou encore des allergies à cause des produits", nous raconte-t-elle.

Anna travaille aussi à Bruxelles. Elle décrit un travail pénible pour la santé. "Nous travaillons vraiment très dur. Notre travail est très physique. C'est la même chose pendant toute la semaine. Nos os sont déjà un peu faibles. J'ai surtout des problèmes au niveau de la colonne vertébrale. C'est le cas de 75%des femmes de ménage. Il y a beaucoup d'opérations, et moi-même, je me suis brisé la hanche. Avant, quand je travaillais au noir, l'argent allait direct dans ma poche. Mais, en travaillant pour une compagnie de titres-services, si j'ai un accident par exemple, je suis 'légale', et donc, je dispose des mêmes droits que vous en matière de soins de santé", explique Anna. 

Toutes les entreprises, pas logées à la même enseigne en matière de finances

Ces femmes et ces hommes qui effectuent un travail pénible et peu rémunéré réclament donc une augmentation de leurs salaires. Une revendication face à laquelle tous les employeurs ne sont pas sur le même pied. Certaines entreprises privées occupent des centaines d'aides-ménagères, et font de plantureux bénéfices. D'autres à dimension sociale occupent quelques dizaines de travailleurs, et parviennent difficilement à survivre. C'est le cas de l'asbl SO-NET de Berchem. "Avec 55 aides-ménagères actives, on tient le coup. Mais on est vraiment sur le fil. C'est que c'est quand même un travail lourd, difficile. Si nous en avions les moyens, on les augmenterait tout simplement. On dépend pour ça de subsides, car c'est du travail subsidié. Donc, si ces subsides n'augmentent pas, on ne peut pas se permettre d'augmenter le salaire des aides-ménagères", assure la gérante, Anne Fontaine.

Il y a deux semaines, les négociations dans le secteur des titres-services ont été rompues. Les travailleurs comptaient sur une hausse salariale brute de 1,1%, comme prévu dans le cadre de la norme salariale. Jusqu'ici, les employeurs du secteur n'ont proposé qu'une prime de 65 euros sur l'année, doit deux euros et septante cents d'augmentation par mois. 

Journal télévisé 13H

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