Les aides-ménagères en grève ce mercredi: "On est considéré comme quoi pour les patrons?"

Les travailleurs du secteur des titres-services affiliées entameront un mouvement de grève inédit mercredi afin de réclamer une hausse des salaires. Ce mouvement est à l'initiative de la CSC. Les quelque 160.000 aides-ménagères et employés dans des ateliers de repassage, payés en titres-services, demandent une hausse salariale de 1,1%, conformément à l’accord interprofessionnel de début 2019. Les employeurs ne souhaitent pas une augmentation sous cette forme. Une tentative de médiation n’a pas débloqué la situation pour le moment.

"L’enjeu est de taille", indique pour sa part la FGTB. D’après elle, la demande de hausse salariale est "totalement légitime et justifiée" alors que le salaire moyen dans le secteur est de 11,50 euros brut par heure. "Néanmoins, les employeurs refusent d’aller au-delà d’une prime nette unique d’à peine plus de 65 euros pour deux ans", déplore la FGTB.

"J’ai mal partout"

"Je suis fatiguée, usée, j’ai mal partout : au dos, aux genoux, aux coudes, aux poignets, les doigts, jusqu’aux doigts ! Et c’est au quotidien", témoigne Béatrice Lambert, aide-ménagère depuis plus de 30 ans dans la région de Charleroi. Sa santé ne lui permet plus de travailler à temps plein, elle est mi-temps médical. "Je touche 850€ par mois de ma société de titres-services, et la même chose de la mutuelle", indique-t-elle quand on pose la question du salaire. Les aides-ménagères en début de carrière ont un salaire brut de 11€ de l’heure, légèrement au-dessus du salaire minimum en Belgique qui se situe autour de 9,50€ brut. Compte tenu de la pénibilité, Béatrice regrette ces salaires trop bas. "Les patrons ne veulent pas nous augmenter. Pour eux, 1,1% c’est de trop..." Et ces 65 euros qu’ils proposent ? "Cela vaut un pain par mois ! Un pain par mois ! On est considéré comme quoi pour eux ?".

Côté patronal, on indique que les marges sont trop faibles dans le secteur et augmenter de 1,1% l’ensemble des aide-ménagères du pays coûterait trop cher. En Belgique, un ménage sur quatre a recours aux services d’une aide-ménagère.