Les aéroports de Liège et Charleroi bientôt contrôlés à distance par une tour numérique ?

Les années passent et depuis la construction des tours de contrôle de Charleroi (1960) et Liège (1994), les deux aéroports wallons sont entrés dans une tout autre dimension, avec ces opérateurs majeurs que sont Ryanair à Charleroi et Fedex à Liège.

Dans un futur proche, trois ou quatre ans, les deux tours de contrôle devront être rénovées. Mais ce qui inquiète à la fois Belgocontrol et la Région wallonne, propriétaire des aéroports via la Sowaer (Société wallonne des aéroports), c’est l’absence de ce que l’on appelle officiellement une "contingence", autrement dit un  "plan B" en cas d’incident important à l’une des deux tours (incendie, problème technique). C’est ce qui a incité tant Belgocontrol que la Sowaer à s’intéresser à ce qui s’impose petit à petit comme la solution d’avenir, à savoir une tour de contrôle numérisée. Concrètement, cela signifie que les contrôleurs aériens ne travaillent plus dans une tour de contrôle située au bord de la piste mais dans un autre bâtiment – cela peut être à proximité de l’aéroport ou à plusieurs centaines de kilomètres - vers lequel sont envoyées les images prises par 15 caméras hypersophistiquées auxquelles s'ajoutent encore des caméras qui permettent de zoomer pour obtenir une image d'une impressionnante qualité.

De "roue de secours" à "roue principale"

Une solution qui pourrait dans un premier temps servir de solution de secours aux aéroports de Liège et Charleroi, en cas de problème majeur, un incendie par exemple. Mais l’étape suivante semble évidente, à savoir l’utilisation de ce système comme tour principale.

L’une des premières questions que l’on se pose concerne évidemment la sécurité. Mais les concepteurs suédois sont formels. Tout a été pensé pour que les contrôleurs aériens travaillent dans des conditions optimales, avec toutes les garanties nécessaires de fiabilité.

Selon Eric Bäckman, vice-président de Saab Digital Air Traffic Solutions, "on constate qu’on peut en réalité augmenter la sécurité, au niveau de la gestion des véhicules sur la piste, ou avec l’assistance qui permet de détecter un avion". Et celui qui est l’un des "pères" de ce projet un peu fou né en Suède il y a une dizaine d’années, "tout le processus est soumis à l’autorité de régulation, qui ne donnerait jamais son feu vert si ce n’était pas sûr".

Et le feu vert a bel et bien été donné, ce qui permet donc de contrôler dans ce bâtiment de Sundsvall plusieurs autres aéroports, l’un situé à 150 kilomètres, l’autre à plus de 600 kilomètres.  De quoi achever de convaincre les experts belges, qui ont repris l’avion vers Bruxelles avec le sentiment que c’est bel et bien l’avenir du contrôle aérien qui est en train de se jouer, d’autant que le processus est loin d’être arrivé à terme. Pour l’instant, ces tours digitales ne sont utilisées que pour les aéroports dotés d’une seule piste mais il ne fait aucun doute que la solution pour les pistes multiples sera bientôt prête – c’est simplement une question de quelques années.

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