Les acteurs de l'école veulent-ils vraiment changer le décret inscription?

Les inscriptions dans le secondaire débutent ce lundi. Rien ne change cette année, mais le gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles a prévu l'abrogation du décret inscription actuel... à remplacer par un autre système. Quel système? Jusqu'où changer la donne? Avec quel objectif de mixité sociale? Pour en parler sur le plateau de CQFD, deux invités: Véronique De Thier, responsable de la régionale bruxelloise de la Fapeo (Fédération des associations de parents de l'enseignement officiel) et Etienne Michel, directeur général du SEGEC (Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique).

Pourquoi avoir créé un décret inscription?

"Avant la régulation des inscriptions, dans certaines écoles, les inscriptions étaient prises plusieurs années à l'avance, ce qui créait une sorte de mécanisme d'ajustement", explique Etienne Michel. "A partir du moment où le politique a décidé de fixer une date pour le début des inscriptions, on a vu des files se former dans les écoles, et depuis, de législature en législature, on discute des critères de départage à mettre en oeuvre quand la demande dépasse l'offre de places, c'est incontournable". Le directeur général du SEGEC rappelle en outre que dans 85% des cas, les parents obtiennent l’école de leur premier choix, sans intervention de la CIRI (Commission Inter Réseaux des Inscription). 

Pour Véronique De Thier, une régulation via les inscriptions était nécessaire, pour éviter que ne s'imposent des critères liés aux résultats des écoles ou aux paiements réclamés aux parents, "une pratique visant à sélectionner les publics". "Le législateur a-t-il décidé de réguler au bon moment dans la scolarité? Là, on peut encore se poser la question", ajoute la responsable de la régionale bruxelloise de la Fapeo.

Il n'y a pas de mixité sociale de l'espace géographique

Si le décret mixité a permis d'objectiver les critères d'inscription pour tous les élèves, pour beaucoup, l'objectif de mixité sociale n'est pas atteint. Le dispositif a en effet souvent été taxé de compliqué, opaque voire inégalitaire. Véronique De Thier y voit plusieurs raisons: "on n'apporte pas de la mixité sociale dans les écoles uniquement par la régulation des inscriptions, il y a aussi des facteurs liés à la spécificité des quartiers, des facteurs extérieurs à l'écoles, et pour travailler sur la mixité, il faut travailler sur plusieurs choses", explique-t-elle. 

Etienne Michel rappelle que le principe de base des inscriptions reste la liberté de choix des parents, et que l'effectivité de ce décret se vérifie dans un nombre limité d'écoles, quand la demande dépasse l'offre de places. "A partir de là, il faut regarder la mécanique interne au décret: l'obligation de réserver 20% des places disponibles à des élèves issues d'écoles à indice socio-économique faible. Ce facteur fonctionne en faveur de la mixité sociale. Mais les critères géographiques qui servent au départage les élèves fonctionnent plutôt à rebours de l'objectif de mixité sociale. Pourquoi? Car il n'y a pas de mixité sociale de l'espace géographique".

S'il y a moyen de faire mieux, faisons-le, mais n'oublions pas qu'il y a moyen de faire moins bien

"La question des critères géographiques est plus compliquée à analyser", observe Véronique De Thier, "il faut bien départager sur des critères objectifs, et on voit que le critère géographique amène une forme de mobilité, mais il n'y a pas de mobilité de tous les publics". Et de proposer, par exemple, un double quota, "on fait une bascule de priorités: x% de places réservées pour des publics venant d'écoles défavorisées, et x% de places réservées pour des publics venant d'écoles plus favorisées".

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face-à-face sur une question d’actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L’entièreté du débat ci-dessous.

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