Les 5 arguments de la défense pour innocenter Mehdi Nemmouche

Cette journée a été consacrée à la lecture de l’acte de défense de Mehdi Nemmouche. Ses avocats ont présenté cinq points qui, selon eux, innocentent leur client. "Mehdi Nemmouche n’est pas l’homme qui a appuyé sur la détente" ont-il asséné à de nombreuses reprises. Maîtres Laquay, Courtoy et Taelman ont donc demandé l’acquittement de Mehdi Nemmouche.

1. Pas d'empreinte sur la porte

Aucune empreinte ADN complète n’a été retrouvée sur la porte du Musée juif ou sur la poignée de cette même porte. Or, sur les images de vidéosurveillance, il apparait que le tireur touche cette porte à trois reprises.

Quid d’un tireur qui porterait des gants en latex comme l’a déjà souligné un avocat des parties civiles ? De plus, les rapports d’experts ne disent pas qu’il n’y a aucune empreinte sur cette porte. Il y a des empreintes mixtes et : "La probabilité de retrouver une personne quelconque dans cette empreinte ADN mixte est de 1 sur 109. L’expert estime dès lors que Mehdi Nemmouche ne peut être ni inclus ni exclu comme co-donneur de cette empreinte mixte".

2. Pas d'empreinte sur la détente du revolver

Aucune empreinte ADN n’a été retrouvée sur la détente du revolver or on sait que c’est cette arme qui a servi à tuer trois des quatre victimes du Musée Juif. Certes, il y a des empreintes de Mehdi Nemmouche sur le revolver, mais, pour ses avocats, ce serait uniquement parce que ce dernier l’a manipulé après l'attentat. Il aurait reçu un sac sans en connaitre le contenu. Ce n'est que lorsqu'il l'a ouvert qu'il s'est rendu compte qu'il contenait des armes. Il aurait, alors, voulu vérifier si le révolver était chargé ou chambré d'où la présence de ses empreintes. Pour les avocats de la défense, cela ne fait aucun doute que Mehdi Nemmouche a été piégé.

3. Le tireur devait connaitre son arme

Selon la défense, si Mehdi Nemmouche était réellement le tireur, il n’aurait pas choisi le revolver pour faire son trajet jusqu’à Marseille. Cette arme était censée le protéger parce qu’il se sentait menacé. Mais s’il était le tireur, il devait savoir que cette arme était défectueuse. Lors de l’attentat, cet arme s’est enrayée et le tireur a été obligé de sortir de son sac une arme longue. Selon la défense, si Mehdi Nemmouche était le tireur du Musée Juif, il aurait choisi de garder la Kalachnikov à portée de main plutôt que de porter le revolver à sa ceinture.

4. L'attitude de Nemmouche lors de son arrestation

La défense affirme également que Mehdi Nemmouche ne peut pas être le tireur puisqu’il n’a opposé aucune résistance lors de son arrestation. La défense insiste sur le fait que le tireur du Musée Juif semble être un homme surentrainé, un professionnel qui a réussi à échapper à tous les services de sécurité du pays. Un professionnel ne se serait pas laissé arrêter, il aurait fait un carnage avec une arme qui tire "600 coups par minute" comme l’a précisé Me Taelman.

5. Une image trafiquée par les enquêteurs

Finalement, la défense appuie son raisonnement avec un dernier élément. Une image fixe a été extraite des caméras de vidéosurveillance. Sur cette image, le tireur ne porte pas de lunettes de soleil. Or, selon la défense, quand on visionne le film complet de l’attentat, on se rend compte que le tireur n’enlève jamais ses lunettes de soleil. Pour la défense, l’image fixe a été trafiquée par les enquêteurs. Les lunettes de soleil ont disparu et un nouveau visage serait apparu avec un nouveau nez, un nouveau regard. La défense entend prouver sa théorie lors de la diffusion, en audience publique, de ce film des caméras de surveillance.

Sur ce point, les enquêteurs se sont déjà expliqués. Ils n’ont fait que modifier les contrastes de l’image.

Après avoir énuméré ces cinq arguments, la défense de Mehdi Nemmouche a dévoilé sa théorie. Le 24 mai 2014, il ne s’agissait pas d’un attentat, mais bien d’une exécution ciblée d’agents du Mossad (le couple Riva).

À l’issu de la lecture de l’acte de défense, Me Christophe Marchand, l’avocat d’UNIA, a réagi : "Nous venons d'assister à une tentative assez grossière de manipulation du dossier et des preuves qui y figurent". Il a rappelé une phrase importante du rapport d’expertise concernant les traces ADN sur la porte du Musée Juif: "Il est écrit qu'il n'est scientifiquement pas possible ni d'affirmer ni d'infirmer que cet ADN appartient à Mehdi Nemmouche".

Me Marchand a donc demandé au jury de comprendre cette définition pour ce qu’elle veut dire. Elle ne peut être instrumentalisée par la défense, a-t-il ajouté.

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