Les 12-18 ans ont le smartphone dans la peau

Paradoxalement, alors que le smartphone occupe une place omniprésente dans la vie des jeunes, aucune étude d'ampleur n'existait réellement sur l'usage et la question de la dépendance. En Fédération Wallonie-Bruxelles, 37 écoles ont donc participé à l'enquête de l'asbl Reform et de l'ULB. Un échantillon représentatif de 1589 élèves entre 12 et 18 ans a donc tenu un carnet de bord sur la consommation. Une application qui analyse la navigation a également été installée sur le téléphone de ces jeunes.

Usage, applications, dépendance: les chiffres

  • 95,6% des 12-18 sont équipés d'un smartphone
  • L'âge moyen de la première acquisition est de 13 ans et demi
  • L'usage : 3h45 par jour en semaine, 4h20 par jour le week-end
  • Top 5 des applications les plus utilisées: Facebook, Messenger, Youtube, les SMS et Instagram
  • 21% des jeunes marquent des signes de grande dépendance (les filles sont deux fois plus concernées que les garçons)
  • 84,2% des jeunes craignent de manquer de batterie. Ils emportent toujours une batterie supplémentaire ou un chargeur
  • 61,3% utilisent leur smartphone dans les 15 minutes après le lever, 77,1% dans les 30 minutes

Les conclusions de l'enquête

Les jeunes ne sont pas dépendants de l'objet qu'est le smartphone. Ils sont par contre très dépendants des réseaux sociaux. Il y a un besoin d'être en contact avec l'autre, de s'exposer, d'être reconnu. Quand ce lien est coupé, il y a chez le jeune un sentiment de mal-être.

21,1% des jeunes montrent des signes de grande dépendance qui peut mener à troubles du comportement: décrochage scolaire, irritabilité, mal-être. "La dépendance ne se marque pas nécessairement par l'usage ou le temps d'usage du smartphone mais bien par l'effet que ça provoque au niveau de la santé mentale du jeune. Les risques sont des risques sociaux, c'est à dire se couper des autres, se mettre à l'écart du milieu familial. Le jeune dépendant par exemple, quand il est à table en famille, sera scotché à son écran" explique le docteur en psychologie à l'ULB René Patesson, aussi directeur scientifique de l'enquête.

Les résultats seront diffusés dans les écoles. Des écoles justement au centre d'une des conclusions. L'enquête pose la question de l'intégration de cet outil dans la pédagogie à l'avenir. Son usage pour l'instant est soit toléré soit banni. 35,2% des élèves peuvent l'utiliser en dehors des cours. 35,7% par contre se le sont déjà fait confisquer.

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