Leïla Shahid: les attentats de Paris sont "une prise d'otage de l'islam"

L'ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union européenne Leïla Shahid
L'ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union européenne Leïla Shahid - © RTBF

La représentante de la Palestine à Bruxelles appelle les musulmans de Belgique à s'exprimer très fort parce qu'ils ont aussi "été agressés" par les attentats qui ont été perpétrés à Paris la semaine dernière.

L'ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union européenne Leïla Shahid a participé à la manifestation de dimanche à Bruxelles. Cette mobilisation citoyenne pour la liberté d’expression, qui a été observée à Paris et aux quatre coins du monde, lui inspire "de l’espoir et de la confiance : j’ai été bouleversée par la solidarité internationale, dans une situation où tout le monde a peur, non seulement les juifs de France qui ont été directement attaqués, mais aussi les musulmans de France, de Belgique et de partout. Ces derniers savent que ces actions terroristes vont aussi se retourner contre eux parce que, malheureusement, on fait l’amalgame dans la population. A côté des victimes qui sont mortes, les autres victimes sont les musulmans du monde" déclare-t-elle à la RTBF.

"Une prise d'otage de l'islam"

Lorsqu’on affirme que ces attentats ont été perpétrés pour venger le prophète "c’est une insulte pour les musulmans, pour les pratiquants, qu’ils soient indonésiens, malaisiens, turcs ou arabes. C’est terrible parce que c’est aussi une prise d’otage de l’islam et du prophète que l’on prétend venger" poursuit-elle. "Il y a eu un amalgame au sujet des victimes juives : Amedy Coulibaly a prétendu qu’il défendait les pays musulmans et la Palestine. Merah a dit la même chose à Toulouse, et Nemmouche à Bruxelles également en tuant des visiteurs du musée juif".

Selon Leïla Shahid, la communauté musulmane souffre d’un "malaise très profond et elle a souvent été victime de discriminations. Pour l’aider, il faut voir qu’il y a aussi des raisons sociales, culturelles de non-intégration et de non-assimilation, et du sentiment de rejet" que les musulmans éprouvent. "Il y a une méconnaissance totale de la civilisation et de la culture musulmane. Je pense qu’il faut commencer par l’école". Elle appelle aussi les musulmans de Belgique à s’exprimer encore plus fort "parce que c’est eux qui sont agressés".

A.L. avec V. Barbier

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