Légionellose : trouver la source infectieuse, une longue enquête

Légionellose : trouver la source infectieuse, une longue enquête
Légionellose : trouver la source infectieuse, une longue enquête - © PIERRE-FRANCK COLOMBIER - AFP

25 personnes sont désormais infectées par la bactérie Legionella dans la zone du Canal à Gand. Cela fait plusieurs semaines que les cas se multiplient près d’Evergem. 2 personnes sont déjà décédées. L’agence flamande de la Santé Zorg en Gezondheid a dépêché des enquêteurs sur place mais n’a pas encore pu déterminer la source de l’infection.

17 entreprises examinées

On sait que les bactéries responsables de la légionellose vivent dans les eaux tièdes en milieu naturel ou artificiel. Elles sont par exemple présentes dans les circuits d’eau chaude des hôpitaux et des maisons de repos, dans les tours de refroidissement des entreprises ou dans les installations de traitement des eaux usées.

Dans ce cas-ci, 17 entreprises possédant des tours de refroidissement ont été inspectées. On a trouvé des valeurs élevées de Legionella sur cinq sites. Dans deux d’entre eux des hautes concentrations de Legionella, semblable à celle des patients infectés, ont été détectées mais il n’est pas encore certain la source de l’infection provenait de l’une de ces entreprises.

Des recherches complexes

Les enquêteurs ont prélevé des dizaines d’échantillons et les ont transmis au laboratoire de l’UZ Brussel. Le Professeur Denis Piérard est le chef du laboratoire de microbiologie de l’UZ Brussel. Ce centre de référence pour les légionelles analyse les échantillons de Gand. Denis Piérard explique : « Lorsqu’on a une épidémie comme celle de Gand, il faut recherche la source. Nos collègues de l’Agence flamande de santé Zorg en Gezondheid font des prélèvements d’eau. Ils mettent ces prélèvements en culture avec des légionelles qui pourraient être présentes et lorsqu’elles sont positives, ces cultures nous sont envoyées. »

Ensuite il faut vérifier l’espèce, car il existe de nombreux types de légionelles. Ici les chercheurs s’intéressent à la Legionella pneumophila de type 1, celle qui a infecté les patients.

Mais ce n’est pas tout : « Nous devons établir une sorte de carte d’identité de la bactérie. De cette façon nous pouvons dire si la bactérie qui a infectée les patients est la même que celle retrouvée dans une tour de refroidissement. » poursuit le Professeur Denis Piérard.

L’agence flamande de la Santé Zorg en Gezondheid espère pouvoir identifier la source d’ici le 3 juin. Cela parait long mais comme l’explique Denis Piérard ces examens prennent du temps. « Ce sont des analyses assez sophistiquées. Pour commencer, la légionnelle est une bactérie qui pousse très lentement, il faut attendre deux ou trois jours avant d’obtenir le matériel sur lequel nous pouvons travailler, ensuite il faut extraire l’ADN, il faut alors faire la séquence de l’ADN, il faut encore comparer cette séquence avec des bases de données. Tout cela prend un certain temps. »

Décontaminer les lieux, un procédé très difficile

L’agence flamande de la Santé Zorg en Gezondheid a annoncé avoir demandé aux 17 entreprises examinées de décontaminer leurs systèmes. D’après le porte-parole de l’Agence, Joris Moonens : « Après ce genre de décontamination on peut considérer que ces entreprises ne représentent plus une source d’infection. On demande également à ces entreprises de répéter ces décontaminations chaque semaine. »

On ne connait pas les noms de ces entreprises, ni quand et comment elles ont procédé à une décontamination. Mais cette procédure est très difficile à mettre en place. C’est ce qu’explique Jean Gérain, infectiologue, Chef du Service de Médecine Interne au CHIREC sur le site Delta : « Ce n’est pas tout de vider le réservoir d’eau dans lequel la légionnelle incriminée a été retrouvée, de le vider et le décontaminer. Il faut aussi décontaminer tous les tuyaux ou canaux par lesquelles est passée l’eau contaminée et cela peut être très difficile. Le procédé le plus courant est de réaliser en choc thermique en faisant couler une eau à 70 degrés minimum dans le système. Ce n’est pas toujours possible. Il faut alors analyser tout le plan technique du site et trouver la meilleure manière de décontaminer, cela peut prendre du temps. »

Journal télévisé 14‎/‎05‎/‎2019

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