Le zéro déchet dans les gènes de Sylvie Droulans

Sylvie Droulans et son livre "Le zéro déchets dans complexe"
Sylvie Droulans et son livre "Le zéro déchets dans complexe" - © Tous droits réservés

Le zéro déchet c’est possible, tout est question d’habitude. La preuve avec Sylvie Droulans, auteure du livre " le zéro déchet sans complexes " et créatrice du blog " zerocarabistouille.be ". Avec son mari et ses deux enfants, elle remplit moins d’une poubelle de déchets ménagers par an. Chapeau bas quand on sait que chaque belge produit en moyenne 400 kilos de déchets annuels (par personne).  Rencontre.

 

Sylvie, quand vous êtes-vous lancée dans la démarche zéro déchet ?

Je pense que la démarche fait partie de mes valeurs depuis longtemps, mais le vrai déclic a été la conférence de Bea Johnson à laquelle j’ai assisté il y a 3 ans. Son livre est une mine d’or.  Je me suis dit que si elle y arrivait, le zéro déchet devait être à ma portée également. Je me suis rapidement rendue compte qu’il n’y avait pas énormément d’informations en la matière en Belgique. C’est la raison pour laquelle j’ai créé il y a 2 ans le blog zerocarabistouille.be. On y trouve des recettes, des chroniques qui expliquent le tri ou encore comment gérer ses déchets en vacances. Il y a également des tutoriels et des adresses utiles comme la liste des magasins zéro déchet. Il a une vraie communauté et des échanges très intéressants qui se créent pour cultiver le zéro déchet sans complexes. C’est aussi le titre de mon livre.  J’ai eu la chance de travailler avec un éditeur qui m’a suivi à fond dans mon engagement. Il a accepté que le livre soit fabriqué avec du papier à 100 % recyclé.

 

Comment faites-vous pour limiter au maximum vos déchets ?

On a changé notre manière d’acheter en fait. On achète essentiellement en vrac. On achète en seconde main. On privilégie le " fait maison ". On offre des moments partagés, du temps plutôt que des cadeaux matériels. Les emballages sont souvent liés à l’alimentaire. C’est donc dans la cuisine que les changements sont les plus visibles. On utilise des sacs en tissu et des bocaux. A un moment donné, ça a un effet direct sur la poubelle.

 

Pourquoi dans votre famille, vous n’allez plus dans les supermarchés ?

Ce n’est plus dans nos valeurs.  On n’y trouve pas les produits dont on a envie sans emballage et je n’ai pas la possibilité d’y faire mes achats en VRAC, même s’il faut reconnaitre que les grandes surfaces développent de plus en plus ces possibilités. On peut par exemple se rendre chez le boucher ou le fromager du magasin avec ses propres contenants.

Je fais mes achats dans les magasins " objectif zéro déchet " où tout est fait pour que vous veniez avec vos récipients, c’est plus pratique. J’y fais 90 % de mes achats sans difficultés.

 

Est-ce qu’il y a des produits que vous ne trouvez pas sans emballage ?

Oui cela arrive, j’essaie alors de trouver des alternatives. Mais parfois, il est aussi tout à fait possible de se passer d’un produit. Par exemple, la boule de mozzarella. Cela faisait 2 ans que je n’avais pas de solution. Là je viens de trouver un traiteur fromager chez qui je peux les acheter à l’unité et les mettre dans mes boites. Mais pendant 2 ans, on n’a pas mangé de mozzarella (sauf peut-être exceptionnellement au restaurant ou chez des amis). Je n’en étais pas malade.

Un des problèmes qui subsiste dans notre famille c’est le lait. On a de temps en temps du lait consigné, mais c’est compliqué.

 

C’est quand même une grosse organisation le zéro déchet ?

Oui, mais avec un côté très riche !  Je trouve vraiment que j’ai donné du sens à ce que je fais, c’est cohérent. Je ne vais plus attendre que les choses changent par elles-mêmes. On est responsable du changement. Alors au début c’est certain, c’est inconfortable, mais quand on laisse un peu le temps au temps, les habitudes deviennent naturelles. A tel point qu’aujourd’hui je ne me pose plus la question, c’est entré dans mes gènes.

 

Cela demande quand même beaucoup de temps ?

 

C’est une idée reçue de penser que cela prend plus de temps. Peut-être au départ, mais pas quand on a trouvé le processus. Je ne prends pas plus de temps à faire mes courses. Au contraire, je ne vais plus flâner dans les magasins.  Je suis tout simplement plus organisée. Je fais par exemple les biscuits et les produits ménagers de mes enfants. Cela peut devenir une activité familiale. C’est riche et cela n’empêche vraiment pas de vivre normalement. J’ai une vie de famille, une vie sociale et un travail. Au début c’est déstabilisant, mais après on peut trouver la manière de faire, si on s’en donne le temps.

 

Est-ce que le zéro déchet a un coût ?

Quand le zéro déchet est associé aux magasins et produits bio c’est vrai que c’est un peu plus cher. Mais quand on prend le zéro déchet dans sa totalité, je vous assure que l’on fait des économies. Je ne fais plus les soldes par exemple. Je choisis des produits locaux, de saison, en direct du producteur avec les groupes d’achats et cela permet d’énormes économies.

Plutôt que des cadeaux matériels, j’essaie d’offrir du temps ou alors des sets zéros déchets. Aujourd’hui je mets de l’argent de côté grâce à tout ça.

 

 Ce n’est pas compliqué le zéro déchet quand on a des enfants ?

A la période de la Saint-Nicolas, l’une de mes filles me disait qu’elle voulait manger une collation industrielle.  Je n’étais pas pour, mais pour elle c’était important. Elle l’a mis sur la liste de Saint-Nicolas et elle l’a obtenu. Le zéro déchet, c’est aussi parfois reconnaitre et accepter que même si l’on est hyper engagé dans cette démarche, l’enfant n’est pas encore aussi loin que nous. Il faut aussi que l’on entende sa demande et qu’on lui fasse ce plaisir-là. Pas tout le temps. Le tout est de trouver un équilibre. Lâcher un peu permet de trouver un second départ après.

 

En deux mots, c’est quoi le zéro déchet pour vous ?

C’est un chemin de vie pour moi, un cheminement et un engagement qui s’inscrit dans la durée et qui prend un peu de temps avant de devenir automatique. C’est quelque chose qui va fondamentalement vous changer de l’intérieur, qui touche à vos valeurs. C’est évident que je ne suis pas la même aujourd’hui que celle que j’étais il y a deux ans et demi.

 

http://www.zerocarabistouille.be/

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