Le yoyo actuel des températures peut-il impacter les fleurs et les cultures?

Le week-end très printanier que nous avons connu contraste particulièrement avec les -10 degrés enregistrés il y a une dizaine de jours. Ces variations des températures peuvent-elles avoir des conséquences pour les plantes ?

Selon Vincent Leemans, chercheur en agronomie, l'impact existe "mais il reste modéré. Parce que les plantes sont adaptées". Il explique:  "Il y a plusieurs mécanismes de protection des cultures. Pendant la phase hivernale, quand les périodes sont douces, le forment va par exemple créer des pousses latérales. Il va s’étaler et essayer d’occuper l’espace. Il va se mettre à croître verticalement quand la durée des jours sera suffisante."

Pour l’instant, ajoute-t-il, "le froment accumule ce que les agronomes appellent les degrés jours pour faire un maximum de tiges. Il occupe le terrain et il le fait pendant les périodes qui sont douces. Pendant les périodes de froid, l’extrémité de la tige est vraiment au sol. Ce qui peut être impacté par les périodes de gel, ce sont les dessus des feuilles qui dépassent la neige."

Evoluer en fonction de la lumière

Que va-t-il arriver aux plus petites plantes si elles font face à une gelée importante, ce qui n’est pas du tout improbable à l’arrivée du mois de mars ? "La plupart des plantes ont des mécanismes adaptés. Elles vont évoluer plus vite et il y a des blocages, comme la lumière, qui vont éviter que ça évolue trop vite pour certaines. D’une manière générale, les plantes qui fleurissent actuellement ou qui se développent actuellement ne sont pas étrangères à une gelée", explique Vincent Leemans

"Pour le crocus, par exemple, la base de la fleur est dans le sol", continue Vincent Leemans. "C’est donc une plante qui est équipée pour fleurir tôt. Quand il fait froid, le crocus est fermé et les pétales - la corolle - vont protéger les organes reproducteurs. Quand il y a du soleil, il s’ouvre et permet aux abeilles d’aller les visiter".

Et les abeilles?

Comment les abeilles s'adaptent-elles à ces variations de températures? "Quand il fait très froid, les abeilles se mettent en grappe dans la ruche. Elles maintiennent au cœur de la grappe une certaine température et les abeilles vont tourner dans la grappe pour éviter ce soit toujours les mêmes qui soient au milieu", décrit Vincent Leemans. 

Ensuite, continue-t-il, "avec les températures très douces, la grappe va se disloquer et les abeilles vont sortir. On a vu ces derniers jours des rentrées de pollen de crocus ou encore de perce-neige. Les abeilles ont besoin du pollen pour faire l'élevage car il s'agit de protéines pour la colonie. Elles ramènent ce pollen et la reine va donc se remettre à pondre".

Néanmoins, ajoute le chercheur, "la stratégie de l’abeille est généralement d’être prudente. Elles vont relancer l'élevage graduellement, de façon à ce que s’il y a du froid qui revient, elles vont pouvoir se remettre en grappe. La stratégie de l’abeille n’est pas de démarrer comme une Formule1 parce qu’il y a quelques jours de beau temps, mais c’est vraiment d’y aller doucement".

 

 

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