Le virus Zika inquiète mais le cytomégalovirus, qui peut avoir les mêmes conséquences, est plus répandu

Le virus Zika fait peur. Transmis, comme la dengue ou le chikungunya, par des moustiques Aedes, il inquiète surtout les femmes enceintes car il pourrait être à l’origine de malformations cérébrales et notamment des cas de microcéphalie chez les nourrissons.

Pourtant, un virus plus fréquent et parfois ignoré des femmes enceintes peut provoquer des séquelles neurologiques similaires : le cytomégalovirus (CMV). On retrouve des cas partout dans le monde, contrairement au virus Zika.

Le virus Zika sévit principalement en Amérique Latine et surtout au Brésil. Les autorités brésiliennes estiment qu’entre 497 593 et 1 482 701 cas d’infections par le virus Zika ont été découverts depuis son apparition. La Colombie est le second pays le plus affecté avec 20 297 cas rapportés depuis le premier cas détecté en octobre 2015, selon le dernier rapport de L’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS). Parallèlement à ces chiffres, le nombre de cas de microcéphalie a aussi augmenté au Brésil, provoquant de fortes suspicions d’un lien (pas encore scientifiquement prouvé) entre le virus et les anomalies de croissance du cerveau.

Prendre conscience des risques

Comme le virus Zika, les symptômes du cytomégalovirus ne sont habituellement pas mortels et peuvent même passer inaperçus. Ils se caractérisent par un malaise général du même type que pour la grippe. C’est pourquoi les femmes enceintes doivent être prudentes et faire des prises de sang pour dépister la maladie.

Faire prendre conscience des risques du CMV est un objectif prioritaire pour les organisations dédiées à la santé comme la National CMV Foundation qui postait cette infographie prévenant des risques des deux virus pour les femmes enceintes.

En Europe, 40 à 80% des femmes enceintes ne possèdent pas d'anticorps et sont donc susceptibles de faire une infection au CMV, mais seulement 1% de ces femmes la contractent pendant leur grossesse. Le risque de transmission de la mère au fœtus est d'environ 40%. Sur les nouveau-nés infectés pendant la grossesse, 90% sont asymptomatiques à la naissance; parmi ceux-ci, la plupart restent normaux, mais 10 à 15% développent des séquelles sur plusieurs années, peut-on lire sur le site des cliniques universitaires Saint-Luc. Pour une partie d’entre eux, les séquelles ne seront pas graves mais pour d’autres il s’agira de surdité, de problèmes neurologiques, de retard de croissance comme dans le cas de la microcéphalie ou de retard mental.

Zika et microcéphalie : plus de recherches doivent être menées

Les microcéphalies peuvent résulter de plusieurs causes comme une exposition à des produits toxiques ou à des radiations. Mais au Brésil, l’augmentation du nombre de microcéphalies (163 par an entre 2001 et 2014 et 4783 cas le 30 janvier 2016) et l’épidémie d’infection à Zika, semblent indiquer un lien de cause à effet. Les autorités brésiliennes ont investigué pour 1113 sur 4783 des cas de microcéphalies répertoriés. Sur ces 1113 cas, 17 étaient également touchés par le virus Zika. Mais pour confirmer le lien potentiel entre les malformations crâniennes et le virus, plus de recherches doivent être menées, communique l’OMS dans son rapport.

L’Organisation mondiale de la santé a aussi transmis quelques recommandations pour éviter la contraction du virus Zika. Il faut bien sûr contrôler les moustiques transmettant le virus en utilisant des insecticides ou en traitant les eaux stagnantes. L’OMS recommande aux personnes de se protéger avec du répulsif, en portant des vêtements longs, des moustiquaires etc. Il est recommandé aux femmes enceintes de prendre des précautions importantes en cas de voyages.

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