Virus en Asie: "L'expérience du SARS avait été traumatisante pour le monde entier"

L’épidémie de coronavirus qui s’est déclarée en Asie ces derniers jours sera au centre d’une réunion d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé ce mercredi. Les experts de l’OMS détermineront si l’épidémie constitue une urgence internationale de santé publique. Un premier cas a été détecté au nord-ouest des États-Unis, à Seattle, après l’Australie et surtout l’Asie. On compte déjà neuf morts en Chine où 400 cas ont été recensés.

Que sait-on de ce virus ? Existe-t-il un traitement ? Le professeur Emmanuel Bottieau, de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, était l’invité de La Première ce matin pour en parler. "C’est un nouveau virus de la famille des coronavirus, qui a déjà donné quelques autres virus dans le passé, certains d’entre eux ayant été assez dangereux : le SARS, le severe acute respiratory distress syndrome, dans les débuts des années 2000, et un autre virus, le Middle East Coronavirus, qui est apparu une dizaine d’années plus tard. Il y a aussi quelques virus de cette famille-là qui sont beaucoup moins sévères."

A ce stade, aucun traitement n’existe. "C’est beaucoup trop tôt. L’épidémie est apparue au mois de décembre et le virus a été vraiment identifié presque une dizaine de jours après."

Le virus est transmissible d’un humain à l’autre. La propagation de l’épidémie pourrait être très importante. "Le problème à ce stade-ci est qu’on le voit surtout chez les cas les plus graves, bien entendu, ceux qui arrivent à l’hôpital. On ne sait pas s’il y a par exemple une proportion de gens qui sont infectés par le virus, mais qui ne sont pas très malades ou peut-être même pas malades du tout. Mais c’est vrai que chaque jour en Chine, à Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, et dans les provinces alentour, on a plusieurs dizaines de cas nouveaux. Il est donc possible qu’il y ait une corrélation assez importante, peut-être pas aussi sévère que le virus de la grippe, peut-être pas aussi importante, mais ça semble être une propagation rapide."

L’expérience du SARS avait été traumatisante pour le monde entier, mais pour la Chine aussi

La Chine a-t-elle réagi plus efficacement que lors de l’épidémie de SRAS en 2003 ? "Oui, affirme Emmanuel Bottieau. Mais je suis un peu mal placé pour faire des comparaisons. Les premiers cas datent finalement de décembre, on a été assez vite au courant qu’un virus mystérieux se passait là-bas et, de nouveau, l’identification vraiment génétique du virus n’a pris qu’une semaine ou deux, alors qu’auparavant il fallait parfois des mois pour détecter ce genre de virus. On a donc fait de gros progrès au niveau technologique à ce niveau-là. Donc, oui, je pense qu’il y a plus de transparence. L’expérience du SARS avait été traumatisante pour le monde entier, mais pour la Chine aussi, donc je pense qu’ils essayent d’éviter un nouveau problème de ce genre dans la communication."

Reste à voir quelle décision prendra l’OMS ce mercredi. "Si l’OMS décide par exemple que des hommes d’affaires ou des touristes ne peuvent plus se rendre dans telle ou telle zone, ça a toujours un impact énorme sur l’économie d’un pays. Ce genre de décision n’est donc pas facile à prendre. La dernière fois, c’était par exemple des restrictions pour les femmes enceintes ou comme pour l’épidémie de Zika ou l’épidémie d’Ebola il y a quelques années en Afrique de l’Ouest. Il faut donc vraiment attendre la réponse des experts sur base des données scientifiques plus robustes", conclut Emmanuel Bottieau.

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