Un mystérieux virus respiratoire fait un sixième mort en Chine, réunion d'urgence de l'OMS

Un homme quitte un centre médical de Wuhan (Chine) le 12 janvier 2020
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Un homme quitte un centre médical de Wuhan (Chine) le 12 janvier 2020 - © Noel Celis

Le nouveau virus apparu le mois dernier en Chine a fait six morts dans la ville de Wuhan (centre), soit deux de plus que le précédent bilan, a annoncé mardi le maire de cette ville au coeur de l'épidémie.

Interrogé par la télévision d'Etat CCTV, Zhou Xianwang a précisé qu'un total de 258 personnes avaient été contaminées dans sa ville et que 227 d'entre elles étaient encore sous traitement.

Un total de 291 cas ont été confirmés dans toute la Chine et 922 patients sont en observation, a annoncé dans un communiqué la Commission nationale de la Santé.

Le virus, de la famille du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), touche désormais plusieurs grandes villes du pays – dont Pékin et Shanghai – et trois autres pays d'Asie: Japon, Corée du Sud et Thaïlande.

En Australie, un homme suspecté d'être infecté a été placé en quarantaine.

Contagion entre humains

Zhong Nanshan, un scientifique chinois renommé de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi soir à la télévision publique CCTV que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'est la première fois qu'une telle affirmation est faite publiquement.

L'OMS estime pour sa part qu'un animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit".

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras. Zhong Nanshan avait aidé à évaluer l'ampleur de l'épidémie de Sras en 2002-2003 qui avait très durement touchée la Chine.

Sur 8096 cas, ce virus avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'OMS. L'organisation internationale avait à l'époque vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

Chassé-croisé du Nouvel an

En plein chassé-croisé dans les transports avant le Nouvel an chinois samedi, qui fait craindre une accélération des contaminations, le président Xi Jinping a donné lundi le signal d'une mobilisation du pays. Il a appelé à enrayer l'épidémie, selon des propos rapportés par la télévision nationale. Xi Jinping a jugé "absolument crucial de faire un bon travail en matière de prévention et de contrôle épidémiologiques".

Les consignes n'ont pas tardé à être appliquées. Pékin a annoncé mardi qu'il classait l'épidémie dans la même catégorie que le Sras. L'isolement devient ainsi obligatoire pour les personnes chez qui la maladie a été diagnostiquée, et des mesures de quarantaine peuvent être décrétées. La ville de Wuhan a recensé mardi 15 contaminations parmi le personnel médical.

Réunion d'urgence de l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé tiendra mercredi à Genève une réunion d'urgence consacrée au mystérieux virus. Un comité ad hoc doit se réunir au siège de l'organisation pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale", a annoncé lundi l'organisation.

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé ce terme que pour de rares cas d'épidémies nécessitant une réaction internationale vigoureuse, dont la fièvre Ebola, qui a touché une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

L'inquiétude est désormais perceptible à l'étranger, où les mesures de prévention se multiplient aux aéroports accueillant des vols en provenance de Wuhan, notamment aux Etats-Unis, en Thaïlande, à Singapour, et en Australie.

Journal télévisé du 19/01/2020

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