Le Village Langley, une petite ville réservée exclusivement aux patients atteints d'Alzheimer

Le Village Langley, une petite ville réservée exclusivement aux patients atteints d'Alzheimer
Le Village Langley, une petite ville réservée exclusivement aux patients atteints d'Alzheimer - © Tous droits réservés

Une ville autonome pour les patients sujets à la démence. C’est le pari d’un Canadien dont le village Langley s’est installé dans la province de la Colombie Britannique.

Pour les personnes atteintes d’Alzheimer ou de démence, conserver ses habitudes de vie peut être difficile, en particulier lorsqu’elles vivent seules. Faire ses courses au supermarché, continuer à pratiquer ses loisirs extérieurs, rendre visite à ses amis ou à ses proches. Toutes des activités auxquelles ces personnes victimes d’Alzheimer doivent parfois renoncer, faute d’encadrement suffisant. Et pourtant, il est prouvé que garder une vie sociale active aide ces personnes. C’est pourquoi, Elroy Jespersen, a créé le Village Langley, située dans la province de British Columbia, au Canada. "J’ai voulu recréer plusieurs endroits qui donnent un objectif aux résidents, une destination où aller, et une activité à y faire. Cela donne un sens à leur vie", explique-t-il.

On se croirait en ville…

Construit sur deux hectares, le Village Langley porte bien son nom. Il est conçu comme une ville autonome disposant des mêmes facilités. Il propose une épicerie, un salon de coiffure, ainsi qu’un café autour d’une artère principale végétalisée. Un potager et une ferme augmentent l’aspect bucolique de l’endroit. Un arrêt d’autobus a également été installé, de manière à donner une impression de vie normale aux résidents. Seule nuance : ceux-ci n’ont pas d’argent, et ils sont placés sous haute surveillance. Les villageois sont équipés de bracelets permettant de les géolocaliser à chaque instant, histoire pour l’équipe d’encadrement d’intervenir à tout moment si les patients se perdent ou rencontrent un autre problème. Enfin, posséder des animaux de compagnie est autorisé au Village Langley, leur présence étant considérée comme un plus pour le confort de leurs propriétaires. Martin Côté a aidé son beau-père à y emménager avec son chien : "Ici, ils lui offrent plus de liberté pour se promener. Il peut aller n’importe où dans le village, et rencontrer d’autres villageois", assure-t-il.

Des maisons décorées de manière à garder les résidents actifs

Pour le moment, le Village Langley accueille 75 patients dans des maisonnettes aménagées en fonction des besoins des résidents atteints d’Alzheimer et/ou de démence. Elles logent une douzaine de patients dans des chambres individuelles de plain-pied, et tout y est organisé de manière à ce que les habitants ne perdent pas la notion du temps. Des tablettes disposées de manière éparse dans le salon leur rappellent le jour de la semaine, la décoration murale rappelle les références d’antan et les jeux organisés contribuent à faire travailler la mémoire. Une cuisine commune favorise la participation aux tâches domestiques. Et, les résidents sont, par ailleurs, invités à dresser la table, pour celles et ceux qui le souhaitent. Un type de logement dont l’efficacité aurait été prouvée, comme l’explique Habib Chaudhury, directeur et professeur au Département de gérontologie de l’Université de Simon-Fraser (SFU), "ça réduit l’anxiété, l’agitation, la dépression, tout en favorisant l’interaction sociale. Les patients consomment moins de médicaments psychotropes."

L’organisation du Village Langley est donc pensée de manière à rendre la vie de ces êtres humains souffrant de démence ou d’Alzheimer, confortable malgré la maladie, et à les aider à se stimuler physiquement et cérébralement. Mais, résider au Village Langley a un coût : entre 5000 euros et 5680 euros par mois, selon les soins fournis. Jusqu’à présent, les responsables de ce Village ont reçu une centaine de candidatures. Plusieurs photos sont visibles sur le site officiel du Village Langley. 

Archives : Journal télévisé 10/01/2018

Les recherches sur la maladie d'Alzheimer coûtent trop cher. La société pharmaceutique Pfizer a décidé d'arrêter son programme. En 30 ans, les recherches sur cette maladie dégénérative ont progressé, mais pas assez. Du coup, il devient difficile de convaincre les investisseurs et actionnaires. 

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