Le Vatican évite la polémique des Roms avec la France

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Pour sa deuxième visite au Vatican de son quinquennat, le président Nicolas Sarkozy est apparu tendu. La polémique des Roms était dans tous les esprits, mais le sujet fâcheux n'a finalement pas été abordé.

Benoit XVI  l'a accueilli par un chaleureux "Bonjour M. le Président".  Après un entretien en tête à tête dans la "salle du petit trône", au Saint-Siège et un moment de recueillement, le président est finalement ressorti apaisé, allant jusqu'à demander un deuxième chapelet au Pape.

L'entretien a été qualifié de "cordial" par le Vatican. Il semble en effet, que la question des Roms ne soit pas venue perturber la sérénité de la rencontre. Il a été question des grands dossiers de la politique internationale et des racines chrétiennes de la France.

La question des Roms n'a donc pas été explicitement et publiquement posée par le Vatican. Seul le cardinal français Jean-Louis Tauran a exhorté "le peuple de France et ses dirigeants" à uvrer pour "la justice", "l'éducation" et "l'accueil des persécutés et des immigrés".

"Des idéaux communs"

Le président s'est néanmoins exprimé lors du déjeuner avec des prêtres en estimant que la lutte contre l'immigration illégale constituait un "impératif moral".  "Il n'y a pas d'économie sans règles, il n'y a pas de vie en société sans règles, il n'y a pas de liberté sans règles", a-t-il ajouté.

"Pourquoi, chacune s'efforçant de comprendre l'autre et de la respecter, chacune restant à sa place et dans son rôle, mais conscientes qu'elles aient des idéaux communs, l'Eglise et la République française ne seraient-elles pas davantage aux côtés l'une de l'autre pour proposer à l'humanité un sort meilleur", aurait aussi demandé Nicolas Sarkozy.

Cet entretien était annoncé comme des plus délicats. Au mois d'août, alors que la polémique sur la politique d'expulsion envers les Roms faisait rage en France, le Pape avait souligné la nécessité de "savoir accueillir les légitimes diversités humaines". 

Mais, c'est bien du président français qu'est venue la demande de cette entrevue. Un souhait qui peut s'expliquer par sa cote de popularité auprès des catholiques. Selon l'IFOP, ils étaient près de 74% à soutenir Nicolas Sarkozy en mai 2007, contre 47% aujourd'hui.

 

VG avec AFP