"Le vaccin Johnson & Johnson protège à 100% contre les hospitalisations"

A Bruxelles et en Wallonie, la couverture vaccinale des plus de 75 ans accuse un retard d'environ 20% par rapport à la Flandre. La vaccination du personnel soignant est également à la traine au sud du pays. Comment l'expliquer? Comment y remédier? Quand espérer arriver au seuil nécessaire à l'immunité collective? Pour en débattre sur le plateau de CQFD: Fanny Dubois, secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales et Muriel Moser, chercheuse et professeure d'immunologie à l'ULB.

Johnson & Johnson : "un vaccin excellent"

Le feu vert donné au vaccin Johnson & Johnson par l'Agence Européenne des Médicaments ce mardi réjouit Muriel Moser. "C'est un vaccin excellent, qui protège à 100% contre les hospitalisations, à 85% contre les maladies graves, il protège aussi contre le variant sud-africain", explique l'immunologue qui s'attend à ce que les autorités sanitaires du pays formulent des recommandations spécifiques.

"Car on sait déjà que 85 à 90% des effets secondaires se retrouvent chez des personnes plus jeunes, moins de 60 ans voire même moins de 55 ans pour les thromboses qui ont été observées. La recommandation en Belgique devrait être l'administration aux plus de 56 ans, pour autant qu'il y ait suffisamment de vaccins car il faut absolument continuer la vaccination le plus vite possible", poursuit-elle.

Comment renforcer l'adhésion vaccinale?

Fanny Dubois affirme compter sur le vaccin Johnson & Johnson, un vaccin monodose et qui peut se stocker facilement, pour une accessibilité plus large aux publics précarisés. Selon la secrétaire générale de la Fédération des maisons médicales, "il faut donner plus de moyens à la première ligne de santé pour faire de la santé communautaire, pour développer des liens de proximité avec l'ensemble des publics [...] et leur donner accès à une information la plus juste possible, mais aussi tout simplement accès concrètement et matériellement à la vaccination".

La capitale est plus particulièrement touchée, poursuit Fanny Dubois: "à Bruxelles, on a des groupes sociaux plus vulnérables mais aussi des communautés linguistiques qui n'ont pas tous les outils pour avoir accès à l'information. Et il y a aussi le problème de la méfiance".

On a perdu le contact avec certains publics

"Tous les adultes devraient être vaccinés"

"Aujourd'hui, on peut dire qu'il faudrait atteindre 80% de couverture vaccinale, en raison des variants", affirme Muriel Moser qui précise qu'il s'agit de 80% de la population totale, "avec 20% de moins de 18 ans, ce qui veut dire que tous les adultes devraient être vaccinés". 

Quid de la troisième dose de Pfizer récemment préconisée par le patron du géant pharmaceutique américain? "C'est très prématuré", réagit l'immunologue, "il n'y a à mon avis pas d'évidence scientifique qui va dans ce sens [...] Par contre, s'il y avait absence de protection contre un variant, on pourrait imaginer qu'il faudra administrer un vaccin spécifique au variant. Mais pour l'instant, on sait que les personnes ayant reçu deux doses sont capables d'être protégées, y compris contre le variant sud-africain", conclut-elle.

Ce Qui Fait Débat, chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L’entièreté de l'émission à revoir ci-dessous :

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