Le vaccin Johnson & Johnson étendu à tous les moins de 41 ans : oui pour la Flandre, non pour la Wallonie et la région bruxelloise

Depuis la fin du mois de mai, ce vaccin à une seule dose n’est plus administré chez nous qu’aux personnes âgées de plus de 41 ans. Cette décision était provisoire, en attente de recommandations supplémentaires venant de l’EMA, l’agence européenne des médicaments. Le point était à l’ordre du jour de la Conférence Interministérielle de la Santé.

Et il a fallu du temps pour trouver un accord. Finalement, chaque région peut choisir de l’administrer ou pas aux moins de 41 ans. C’est donc une possibilité et non une obligation. La Flandre a choisi de le proposer aux moins de 41 ans, sur base volontaire et moyennant un consentement éclairé. On ignore encore quelle forme prendra ce consentement.

C’est ce qu’a annoncé le ministre flamand Wouter Beke, en charge de la stratégie vaccinale au nord du pays. La Wallonie a choisi de ne pas l’administrer aux moins de 41 ans. La région wallonne estime, en effet ne pas disposer d’éléments nouveaux permettant de revoir sa position. Et vu le petit nombre de doses disponibles de ce vaccin, elle préfère les réserver aux plus de 41 ans.

La région bruxelloise continuera sur le même principe : elle l'administre uniquement sur base volontaire pour des publics plus jeunes pour lesquels il n’y a pas d’alternative, il s'agit des publics précaires. Elle réévaluera la situation début juillet sur la base du nombre de vaccins et la pharmacovigilance.

Deux scénarios possibles

En fait, deux scénarios étaient sur la table. On peut les résumer comme suit :

- Celui du " oui, mais " : on administre ce vaccin aux moins de 41 ans en les informant des risques éventuels encourus.

- Celui du " non, mais " : on ne l’administre pas aux moins de 41 ans sauf si ces personnes le demandent explicitement et signent une sorte de décharge.

Finalement, le choix a été laissé à chaque région. Et elles se sont positionnées de façon différente.

Ces scénarios peuvent soulever des questions juridiques. Quelle est, par exemple, la valeur juridique d’une telle décharge ? D’après nos informations, le gouvernement a demandé l’avis d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les dossiers relatifs à la santé.

Comme tous les jeudis, l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé a publié un aperçu des effets indésirables des vaccins contre le Covid-19. Voici ce qu’on y lit à propos du vaccin Johnson & Johnson (Janssen) : " Un décès est survenu après une vaccination par COVID-19 Vaccine Janssen (Janssen). Il est consécutif à un syndrome associant une thrombose et une thrombocytopénie, probablement lié au vaccin. Ce syndrome est un effet indésirable très rare. "

La CIM (Conférence Interministérielle de la santé) avait déjà fait part de ce décès et c’est la raison pour laquelle elle avait pris la décision de suspendre pour les – 41 ans.


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Un vaccin au parcours tumultueux

Dès le point de départ, le vaccin de la firme Janssen a eu un parcours semé d’embûches. La preuve avec ce petit aperçu chronologique :

Cela explique pourquoi ce vaccin n’a été utilisé jusqu’à présent qu’en petite quantité : 123.939 doses ont été administrées sur un total de 312.400 livrées. Mais il n’empêche qu’il fait partie de notre stratégie vaccinale : 36.000 doses ont été livrées aujourd’hui et on en attend la même quantité pour la semaine prochaine.

Et en Europe ?

En Europe, il n’y a aucune harmonisation concernant ce vaccin. L’Agence européenne des médicaments estime toujours que ses bénéfices l’emportent sur les risques et que les caillots sanguins constituent des effets secondaires très rares, les cas signalés se sont produits chez des femmes de moins de 60 ans. Mais de nombreux pays ont, malgré tout, limité son utilisation :


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Aux Etats-Unis

Il n’y a pas qu’en Europe que ce vaccin a posé question. Mi-avril, les Etats-Unis le suspendaient. Six femmes avaient alors développé des cas graves de caillots sanguins. Après enquête, une dizaine de jours plus tard, le vaccin a, à nouveau, été administré et cela à toutes les personnes désirant se faire vacciner, sans limite d’âge. Mais avant la vaccination, le personnel soignant et le vacciné doivent consulter une fiche d’information sur les risques de thrombose. Fin avril, on estimait que 8 millions d’Américains avaient reçu ce vaccin.

Reportage sur le vaccin et les personnes fragilisées, dans notre JT du 27 mai:

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