Des centaines de milliers de jeunes en grève climatique sur toute la planète

Des centaines de milliers d'étudiants dans la rue pour la grève climatique mondiale
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Des centaines de milliers d'étudiants dans la rue pour la grève climatique mondiale - © Tous droits réservés

Ce 20 septembre 2019, la mobilisation pour la lutte contre le changement climatique a repris en force, avec l’organisation d’une grève mondiale. Selon Greta Thunberg, la jeune suédoise à l’origine de cette mobilisation sans précédent, plus de 4500 événements sont organisés dans 139 pays. Via notre carte interactive, et nos photos et vidéos, revivez cette journée historique au gré des manifestations, en suivant la course du soleil.


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La marche se tient à quelques jours d’un sommet de l’ONU sur le climat. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, devrait y appeler les dirigeants du monde entier à revoir à la hausse leurs engagements pour le climat.

En milieu d’après-midi, l’ensemble des actions a rassemblé plus de 400.000 étudiants et autres manifestants : ils étaient plus de 300.000 en Australie, et sont une centaine de milliers en Europe. Sur les autres continents, les rassemblements sont moins importants et plus clairsemés.

Mais la plus grande manifestation est attendue à New York, où se trouve Greta Thunberg actuellement : plus d’un million d’écoliers ont eu l’autorisation de sécher les cours pour rejoindre les cortèges.


* Le listage des pays sur la carte interactive est non-exhaustif, et se base sur des données venant du site officiel de la grève climatique et d’images sur les réseaux sociaux.


Attention, sur mobile, le chargement de la carte peut prendre plusieurs secondes.

Coup d’envoi aux Iles du Pacifique et en Australie

Le coup d’envoi de cette grève mondiale a été donné dans les îles du Pacifique et en Australie, premiers Terriens à voir le soleil se lever.

Au Vanuatu, aux Salomon ou encore aux Kiribati, des centaines d’écoliers et étudiants scandaient : "Nous ne coulons pas, nous nous battons".

En Australie, la mobilisation est massive. Les premiers comptages par les organisateurs ont dénombré plus de 300.000 personnes : principalement à Melbourne, Sydney, Brisbane et Adelaïde.

Mobilisation plus modeste en Asie

En Asie de l’Est, la mobilisation est plus modeste et éparpillée : des dizaines, parfois centaines, d’étudiants sont rassemblés en divers points en Philippines, au Japon, en Taïwan, en Indonésie, à Hong Kong etc. En Chine, les manifestations sont interdites, mais les organisateurs parlent d’autres types d’actions que les manifestations, sans donner plus de détails.

En Inde, des images et vidéos sur Twitter témoignent de plusieurs rassemblements, de quelques dizaines de personnes.

En Corée du Sud, le site CNN rapporte une action plutôt particulière : des activistes ont envoyé "SOS" en morse via des lumières LED.

Des centaines de personnes en Afrique du Sud

De nombreuses photos et vidéos montrent une belle mobilisation en Afrique du Sud, où l’on voit des centaines de personnes marcher dans les rues de Johannesbourg.

Au Kenya également, quelques groupes de dizaines de personnes se sont rassemblés sous la bannière de cette grève pour le climat.

Des centaines de jeunes Ougandais se sont réunis pour demander que le monde agisse contre le changement climatique, dans le cadre d’une journée mondiale d’action destinée à mettre en garde contre l’imminence de la catastrophe environnementale. Arrivés par bus, en moto-taxis ou à pied, ces écoliers ont commencé leur marche dans la ville de Wakiso, aux abords de la capitale Kampala. Ils arboraient des pancartes dénonçant l’échec de leur gouvernement à s’attaquer à la problématique du changement climatique.

L’Europe comme centre névralgique

En Europe, la mobilisation promet d’être assez importante, selon les organisateurs. Déjà, en fin de matinée et début d’après-midi, les premiers activistes étaient dans les rues de Berlin, Paris.

Le tour d’Europe a commencé par les pays de l’Est, avec des rassemblements rapportés en Pologne, en Ukraine et en République Tchèque et puis au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves.

Les Allemands de Francfort ont réussi à bloquer la circulation dans la ville, provoquant d’énormes embouteillages. Selon les organisateurs allemands, ils seraient plus de 100.000 personnes dans les divers rassemblements du pays.

En Belgique, ce sont des milliers de jeunes (et moins jeunes, avec les "grands-parents pour le climat") qui battent le pavé depuis 13h30 à Bruxelles.


►►► Grève mondiale pour le climat : des milliers de jeunes (et moins jeunes) manifestent à Bruxelles


 

France : des jeunes moins nombreux mais encore plus motivés

"Je sèche comme la planète." Ils étaient des milliers de jeunes vendredi en France à avoir préféré le climat aux cours, pour la troisième fois cette année.

A Paris, cette nouvelle "grève mondiale" a rassemblé 9400 personnes contre 14.800 en mai et plus de 30.000 en mars. Mais sur certaines pancartes, le ton se durcit: "Jeunesse lève-toi", "Nous allons faire usage de la force", "Urgence sociale et climatique", "L'Etat me radicalise", pouvait-on lire dans le cortège parisien parti de la Nation vers le parc de Bercy.

Et la question de la désobéissance est posée : "Nous ne sommes plus dans une dynamique de demandes. Elles ont toutes été ignorées", explique à l'AFP Camille, salarié de 21 ans, membre de Youth For Climate France, organisateur des marches. "Je ferai tout ce qui est possible et nécessaire", quitte à ne pas toujours respecter la loi, ajoute le jeune homme. Même détermination chez Arturo, un élève de seconde de 15 ans, qui ne voit pas d'objection à "passer à de la désobéissance civile", type de mobilisation préconisée notamment par un mouvement écologiste comme Extinction Rébellion. Ce que ne fera pas Camille, 19 ans, étudiante à Paris, pour qui "les manifestations restent la meilleure manière de s'exprimer".

Les calottes sont cuites

A Lyon, ils étaient entre 1600  et 2000 avec pour mot d'ordre "L'avenir nous regarde" et comme slogans : "Il faut agir maintenant et pas dans 50 ans". A Strasbourg, 1200 personnes selon la police, essentiellement des jeunes, ont répondu présentes. "Pas de nature, pas de futur",  "Les calottes sont cuites" pouvait-on lire sur les pancartes. Certains jeunes arboraient des larmes vertes dessinées au coin des yeux.

 

Amérique du Nord : des milliers de jeunes manifestent à New-York

Après l'Asie et l'Europe, c'était au tour des jeunes Américains, New-Yorkais en tête, d'afficher leur soutien à la cause climatique, avec des milliers de manifestants rassemblés près de la mairie de Manhattan dès la mi-journée. Au moins 250.000 manifestants s'étaient rassemblés derrière Greta Thunberg.

"Il y a presque 400 personnes de notre lycée qui sont venues manifester", a indiqué Bernie Waldman, 14 ans, arrivé tôt à la manifestation. "Nous sommes juste ici pour que les politiques s'engagent sur ce problème. On ne peut plus continuer comme ça. Nous sommes arrivés au bout de notre planète". 

"Quand Greta a commencé, elle était seule, si courageuse, et regardez où elle est arrivée, tous ces gens du monde entier qui manifestent! Cela montre vraiment qu'on peut faire une différence", s'enthousiasmait Ella Backman, 12 ans, qui défilait avec des amies pour la première fois de sa vie, sous un beau soleil.

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