Le statut Etudiant entrepreneur ou quand l'unif devient vivier d'entreprise

Loïc étudiant en management à l'UCL et marchand d'insecte
Loïc étudiant en management à l'UCL et marchand d'insecte - © T.Vangulick

Créer son entreprise tout en poursuivant ses études, c’est l’objectif du statut : Etudiant entrepreneur qui existe désormais dans presque toutes les universités francophones. L’idée : créer pour l’étudiant, les conditions les plus favorables à la réussite de son projet entrepreneurial en se calquant sur ce qui existe pour les étudiants sportifs de haut niveau : souplesse dans les horaires de cours et d’examen, stages orientés vers l’activité ou l’entreprise de l’étudiant, possibilité d’encadrement par des enseignants spécialisés, soutien logistique etc. Chaque université décline le modèle à sa manière mais avec toujours le même objectif : permettre aux futurs entrepreneurs de se former, avec le même niveau d’exigence que les autres étudiants, tout en favorisant le développement de son projet personnel.

 

Vive le Peps

C’est l’ULg qui a été la première université francophone à adopter ce statut n’a rien imposé en terme de d’aboutissement du projet ni de profil des candidats entrepreneurs qui bénéficient de ce statut pour une période de douze mois, renouvelable. L’UCl a embrayé l’an dernier en proposant une adaptation des statuts PEPS (pour Projet pour étudiants à profil spécifique) qui existent déjà pour les étudiants handicapés, les sportifs de haut niveau et les étudiants artistes. Ils sont actuellement environ 300 à profiter de cette opportunité. Mais pour le statut d’entrepreneur, l’Ucl se limite pour l’instant à 15 projets.

Parmi les heureux élus, Loic Roekhaut, qui est en master gestion et qui a créé en février dernier sa petite entreprise : Insectbreak. Il commercialise des insectes séchés, sous forme de chips ou de praline. Des insectes qui proviennent d’un élevage tournaisien. " La consommation d’insectes est très tendance " explique Loic. " En quelques mois, je suis parvenu à intéresser des sociétés comme Carrefour ou Pairi Daiza. Aujourd’hui, après, 10 mois de fonctionnement, j’ai déjà réalisé un beau chiffre d’affaire, " déclare fièrement ce jeune homme posé et ambitieux. " Grâce au statut Peps, j’ai pu aménager mes horaires et consacrer mon stage à ma propre entreprise. Sans cette aide, je ne suis pas sûr que j’aie réussi à dépasser le stade de l’idée. Et si j’ai besoin de conseils, mon statut me permet de faire appel aux compétences qui existent au sein de l’université. Depuis des conseils de spécialistes en entomologie jusqu’aux professeurs de marketing. C’est vraiment précieux ".

Esprit d’entreprendre es-tu là !

A Mons aussi, l’idée a fait son chemin. La chaire entrepreneuriale de l’UMONS pilote ce statut lancé au début de l’année académique. Mais jusqu’ici, il n’y a eu que des marques d’intérêt. Pas d’inscription. Pourtant, la formule a de quoi séduire puisque l’université propose les mêmes avantages que le sport étude. Il faut dire que la faculté polytechnique, qui fait partie de l’Umons, a déjà sa propre filière entrepreneuriale. Yep’Tech ; junior entreprise répondre à des problèmes d’ingénierie apporté de l’extérieur et de stimuler à travers des formations et des animations, l’esprit d’entreprendre. Nathan Deraeve en est l’actuel président. Avec ses 8 associés futurs ingénieurs, il incarne ce nouvel état d’esprit qui habite désormais les jeunes élites wallonnes : l’esprit d’entreprendre, ce n’est pas une idée saugrenue même en Hainaut où de plus en plus de jeunes envisagent de ne plus suivre simplement la voie classique qui, pour les ingénieurs, passe par le recrutement dans une grande entreprise mais par la création d’un projet personnel. Et le statut d’étudiant entrepreneur pourrait, sans aucun doute, les aider à passer à l’acte

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