Le statut des humoristes ne fait pas rire

Le statut des humoristes ne fait pas rire
Le statut des humoristes ne fait pas rire - © Tous droits réservés

C'est la période qui veut ça, mais on a peu d'occasion de rire en ce moment. Oh, pas parce que le Belge a perdu son sens de l'humour, mais plutôt parce que les humoristes sont restés longtemps écartés des salles de spectacles et autres cafés-théâtres où ils se produisaient. Et sans prestations, pas de rentrées financières. C'est le cas pour tous les artistes mais les humoristes sont particulièrement touchés. 

Le monde politique s'en mêle enfin

Pour aider le monde de la culture, les pouvoirs politiques peuvent accorder des aides financières structurelles ou temporaires. Mais pour le comédien Thibaut Nève, qui se bat pour une reconnaissance du secteur de l'humour : "Qui peut se revendiquer humoriste dans un milieu extrêmement compétitif ? Comme ils naviguent en zone grise, les humoristes sont exclus d'une série d'aides. Ils ne sont pas encore regroupés en associations ou fédérations qui leur offriraient un poids et une visibilité, mais le secteur commence à s'organiser"

D'ailleurs, c'est un autre personnage issu du monde du spectacle, Matteo Segers, qui a porté la question de la reconnaissance au Parlement de la Communauté Française. Bon, il se fait qu'il est également chef de groupe ECOLO de ce même Parlement et qu'il s'adressait mercredi à la ministre Linard, ECOLO elle aussi.

D'apparence futile, la question de la place de l'humour et du statut des humoristes dans la culture se révèle en fait bien plus complexe qu'elle n'en a l'air. Car elle ne concerne pas que les artistes eux-même mais également toutes les structures connexes, comme les cabarets, les maisons des jeunes, les centres culturels ou les salles de spectacles. Qui peut bénéficier d'une aide ? Et de quelle sorte ?

Une cartographie, pas un recensement

Dans sa réponse au parlement, la ministre a évoqué les 276 projet susceptibles de bénéficier d'aides, pour un montant de plus de trois millions d'euros. Des projets rentrés dans le cadre du rapport "Un futur pour la culture". Bon nombre de ces dossiers émanent du monde de l'humour. Mais ce qui retient l'attention, c'est plus la décision de rédiger une cartographie du secteur de l'humour !

Renseignements pris auprès du cabinet de la ministre de la Culture, il n'est pas question de répertorier les humoristes afin de les cataloguer dans un statut particulier. Non, le travail qui vient d'être entamé consiste à dresser un état des lieux des différentes structures de création, diffusion et promotion de spectacles d'humour. Du centre culturel au café-théâtre en passant par des associations, on imagine que le panel est vaste. D'ailleurs, si aucune échéance n'est annoncée, le projet n'en reste pas moins fondamental.

 Les spectacles d'humour, et plus encore ceux de stand-up, sont une porte d'entrée vers la culture pour un public jeune. Comme le précise Matteo Segers : "C'est un secteur qui fonctionne par émergence. Il faut des jeunes et de nouveaux humoristes en permanence." Et il faut aussi de l'argent pour financer des projets et des nouvelles créations. Encore doit-on savoir où le distribuer. C'est tout l'enjeu de cette cartographie de l'humour en Fédération Wallonie-Bruxelles.

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