Le statut des cheminots: quelles différences entre la France et la Belgique?

Le statut de cheminots : quelles différences entre la France et la Belgique ?
Le statut de cheminots : quelles différences entre la France et la Belgique ? - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

Les cheminots français se sont lancés dans un mouvement de grève dite "perlée" de deux jours sur cinq. Objectif : protéger leur statut. Ce statut existe depuis 1920 en France, 1926 en Belgique. Il définit les conditions d’accès à la profession, les primes et avantages, mais aussi le nombre de jours de congé et l’âge de départ à la retraite. On entend souvent qu'une fois entrer à la SNCB ou à la SNCF, le cheminot a un emploi garanti à vie, mais il faut nuancer.

Statutaires et contractuels

En Belgique comme en France, la proportion est quasi identique. Une grande majorité des cheminots sont statutaires (96% à la SNCB, 92% à la SNCF).

Un statut qui donne des droits, mais qui donne aussi des devoirs. Le cheminot est là pour servir l'intérêt général comme le rappelle Marianne Lerouge, responsable générale de la CSC Transcom. L'employeur peut prendre des décisions unilatéralement au nom de l'intérêt général.

"Si demain, tous les cheminots doivent travailler depuis Courtrai, ils n'auront pas le choix, ni de dédommagement contrairement à un contractuel", explique la responsable syndicale.

Une période de stage

En Belgique, tout cheminot qui entre à la SNCB doit d'abord passer par une période de stage d'un an. Pendant ce laps de temps, il recevra sa formation et sera évalué à deux reprises (tous les 6 mois). Si la direction n'est pas satisfaite de la qualité du travail du cheminot, celui-ci pourra être licencié.

En France, cette période d'essai peut durer jusqu'à deux ans et demi.

Gratuité de transport

Ici aussi, les cheminots belges et français sont logés à la même enseigne. En Belgique, les cheminots voyagent gratuitement sur le réseau Benelux et disposent d'un aller-retour en Thalys et d'un autre en Eurostar.

En France, les cheminots voyagent gratuitement et même après leur retraite. Ils bénéficient aussi de 8 trajets par an pour les trains à réservation obligatoire (TGV).

Vacances

Les cheminots belges disposent de 11 jours de congés fériés tandis que, en France, ils n'en ont que 10.

Quant aux jours de congés légaux, le chiffre est quasi identique, mais en fin de carrière. Chez nous, le nombre de jours de congé augmente avec l'âge. Avant 45 ans, 24 jours. Après 45 ans, 25. Et finalement, à partir de 50 ans, 26 jours de congé. En France, les cheminots ont dès le début de leur carrière 28 jours de congé.

Retraite

Actuellement, et avant la prochaine réforme des pensions prévue pour entrer en vigueur le 1er janvier 2019, les cheminots doivent avoir 63 ans et 42 ans de service pour partir à la retraite. Un régime particulier est prévu pour le personnel roulant, à savoir les conducteurs et accompagnateurs. Ceux-ci peuvent partir à l'âge de 55 ans et après 30 ans de roulant.

En France, le personnel sédentaire peut partir à la retraite entre 55 et 57 ans. Quant au personnel roulant, il doit être âgé de 52 à 57 ans.

Finalement, une autre différence se marque lors du calcul du montant de la pension. En Belgique, il est jusqu'à présent calculé sur les 4 dernières années de carrière. En France, sur le salaire des 6 derniers mois.

Atmosphère à la gare Saint-Lazare à Paris, en ce matin de grève du 04/04