Le soleil entre à nouveau dans une période d’intense activité

Ce dimanche des éruptions se sont produites sur la surface du Soleil, selon les observateurs. Un phénomène qui n’est pas si rare mais qui ne s’était pas produit depuis longtemps. C’est un signe que le soleil entre à nouveau dans une période d’intense activité.

En réalité, le Soleil oscille entre des périodes de calme et des périodes où l’on peut observer des éruptions à la surface du Soleil. Et il semblerait que l’on entre désormais dans une période où le Soleil perd un peu son calme.

"Le Soleil présente un cycle d’activité de plus ou moins 11 ans, au cours duquel il passe par des phases où il est très calme et où il ne produit quasiment pas d’éruptions et par des phases où il est au contraire plus actif et où il va produire de grandes éruptions, et des éruptions importantes en grand nombre. Pour l’instant, on était dans une période où le Soleil était plutôt calme, raison pour laquelle on n’a pas observé grand-chose ces derniers mois, mais là on est plutôt dans une transition entre deux cycles", indique Marie Dominique, chercheuse à l’Observatoire royal de Belgique, invité ce mercredi au micro de Sophie Brems. C’est un nouveau cycle qui a déjà commencé en 2019. Toutefois, "la dernière éruption de cette ampleur date quand même de septembre 2017", souligne la chercheuse.

Qu’est-ce qu’une éruption à la surface du Soleil ?

Ce n’est pas tout à fait comme une éruption volcanique. En réalité, "le Soleil est doté d’un champ magnétique, comme la Terre, mais contrairement à la Terre, le champ magnétique du Soleil est quelque chose qui est très complexe et très dynamique, qui évolue beaucoup au fil du temps. Une éruption se produit dans une zone du Soleil où le champ magnétique est assez intense et où il subit tout d’un coup une brusque reconfiguration. Et au cours de cette reconfiguration, les particules qui constituent l’atmosphère du Soleil vont être chauffées à très, très haute température — on parle ici de plusieurs millions de degrés, ce n’est pas rien — et ça va généralement se traduire par un flash lumineux qu’on va observer à la surface du Soleil. C’est comme ça qu’on les détecte en premier lieu, grâce à une zone du Soleil qui devient tout d’un coup très brillante", explique Marie Dominique.

Et cela peut avoir des conséquences, y compris sur la Terre. "Au cours des éruptions, il peut également se produire ce qu’on appelle une éjection de masse coronale, c’est-à-dire des particules qui sont éjectées par le Soleil dans l’espace et qui, si elles sont orientées vers la Terre, peuvent l’atteindre et peuvent modifier son environnement", ajoute la chercheuse.

Risque pour la Terre ?

Ce sont en fait des libérations d’énergie qui peuvent avoir des conséquences sur notre propre champ magnétique. Pour cela, il faut que ces éruptions atteignent la Terre, "ce qui ne sera probablement pas le cas de l’éruption qu’on a observée dimanche, puisque celle-là s’est justement produite sur la face du Soleil qui nous est opposée, donc pas la face que l’on voit, mais sur la face cachée du Soleil. On a vu qu’il y avait effectivement un nuage de particules qui s’échappait du Soleil, mais il est dirigé dans la direction opposée de la Terre", observe Marie Dominique.

Un réveil pour la recherche

Cette nouvelle période d’activité ouvre une brèche pour les chercheurs. Car les conséquences pour la Terre peuvent être multiples. Au-delà de l’impact sur notre champ magnétique, ces éruptions peuvent avoir des conséquences aussi sur les satellites.

"Il y a aussi éventuellement des problèmes notamment liés à tout ce qui est technologie humaine, et les premières victimes des éruptions sont par exemple les satellites, qui sont particulièrement exposés. En effet, les éruptions peuvent par exemple provoquer des modifications de l’atmosphère de la Terre ou pourraient par exemple augmenter la densité atmosphérique pour les satellites en orbite basse, ce qui pourrait signifier des frottements supplémentaires et des petites modifications d’orbite. On parle aussi de tout ce qui est dommages des satellites, parce que les particules émises par le Soleil peuvent effectivement endommager les matériaux qui constituent le satellite, et notamment les panneaux solaires. Il y a aussi tout ce qui est composants électroniques qui est extrêmement sensible. Par exemple, dans les satellites qui ne sont pas très bien protégés, on peut imaginer voir un satellite qui commence à se comporter de façon un peu bizarre parce qu’une particule solaire a été changer un bit quelque part dans un programme dans le satellite".

Une nouvelle période d’activité du Soleil

Cette éruption observée ce dimanche indique que le Soleil entre dans une nouvelle période d’activité, confirme Marie Dominique. "On s’attend à ce que l’activité recommence à augmenter. D’ailleurs, depuis dimanche, il y a eu d’autres éruptions de plus petite ampleur qui se sont produites, et donc on s’attend effectivement à ce que pendant les années qui arrivent, ce genre d’éruption recommence à se produire de façon de plus en plus récurrente", souligne la chercheuse.

Et si le soleil n’est pas responsable du changement climatique, les périodes d’activité du Soleil impactent nécessairement la température de la Terre. D’ailleurs, raconte Marie Dominique, il y a eu dans l’Histoire, "une période assez longue de 60-70 ans qui s’est produite entre les années 1650 et 1710 environ, où toute activité observée sur le Soleil a été totalement interrompue. On n’a donc plus vu de cycles, on n’a plus vu d’éruptions, et pendant cette période, effectivement, on a vu comme effet une baisse de température au niveau de la Terre".

Cette reprise de l’activité du Soleil est en réalité assez "banale". "Pour le Soleil, c’est quelque chose de banal. Pour nous, physiciens solaires, c’est par contre plus intéressant parce que ça veut dire qu’on a de nouveau des choses un peu excitantes à étudier, donc c’est très bien".

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