Tempêtes solaires et méga pannes de courant: la sonde Solar Orbiter a décollé

Ce lundi, la sonde européenne Solar Orbiter s’est envolée de Cap Canaveral en Floride pour un long voyage vers notre étoile. Le satellite de 18 mètres d’envergure, emporte avec lui, 10 instruments scientifiques dont un belge. La mission se fait en collaboration avec la Nasa, qui a déjà envoyé une autre sonde vers le soleil. La mission est toujours en court.

Cette mission solaire apportera de nouvelles informations car elle permettra de voir le soleil sous un autre œil. Ce n’est pas la distance à laquelle, il va s’approcher du soleil qui sera remarquable, mais son orbite autour de l’étoile. Elle sera un peu plus inclinée par rapport à l’équateur, ce qui lui permettra de survoler les pôles solaires, qui ne sont jamais visibles depuis la terre. C’est donc un autre angle "en vue plongeante", un point de vue inédit qu’il va nous proposer sur ces régions secrètes.

Le télescope 100% belge dans l’extrême UV

A son bord, parmi les dix instruments scientifiques, le télescope EUI, pour Extreme Ultraviolet Imager, un télescope 100% belge, qui va prendre des images dans des longueurs d’onde particulières, dans l’extrême UV. Aline Hermans, Ingénieur et responsable du projet au Centre Spatial de Liège explique :"Les trois caméras vont prendre des images exceptionnellement nettes et à une cadence très élevée. Une sorte de film qui devrait aider à mieux comprendre la dynamique du soleil et la structure de son atmosphère. Et puis, ces longueurs d’onde dans l’extrême UV seraient importantes, au début des éruptions solaires. EUI va, peut-être, nous révéler des secrets sur les éruptions de notre étoile. Ces tempêtes solaires peuvent avoir des répercussions importantes sur notre planète."

Tempêtes solaires et méga pannes de courant

Lors d’une éruption, le soleil peut littéralement cracher d’énormes quantités de particules magnétiques qui en arrivant au voisinage de notre planète, peuvent perturber les satellites en orbite, les radars, et provoquer des méga pannes électriques. Il existe déjà des observations sur terre de cette météo solaire pour tenter de prévenir ces tempêtes. Le soleil a un cycle de vie d’environ onze ans avec des périodes plus calmes (saisons basses) et des périodes plus agitées (saisons hautes). Le Solar Orbiter va essayer de mieux comprendre ce magnétisme turbulent et les cycles solaires.

Le centre spatial de Liège et l’observatoire royal de Belgique à la manœuvre

Le télescope Belge a été imaginé en 2008, conçu puis mis au point et enfin testé par l’équipe du Centre Spatial de Liège en collaboration avec des scientifiques français, allemands et britanniques. https://www.astro.oma.be/fr/ se chargera du traitement et de l’analyse des images et des données scientifiques obtenues tout au long des quatre ans que durera cette mission. Un budget de 20 millions d’euros financés par Belspo la politique scientifique fédérale.

Des scientifiques belges seront en Floride pour le décollage. Le premier moment crucial se produira dans 8 semaines, quand les portes du télescope s’ouvriront pour la première fois. Le moment baptisé "Première lumière" qui dira si l’instrument a survécu au décollage ou non et s’il fonctionne normalement. Tous les scientifiques et les techniciens de l’équipe croisent les doigts.

Marie Dominique, chercheuse à l’Observatoire royal de Belgique, était l'invitée de La Première ce lundi:

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