Le secteur événementiel manifeste à Bruxelles : "Aujourd'hui il n'y a rien, il n'y a pas d'espoir"

Cela fait 7 mois que les acteurs du secteur de l’évènementiel, de la culture et des arts ne travaillent quasiment plus. Ce dimanche, environ 1200 personnes (selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles) sont descendus à nouveau dans la rue pour le rappeler et réclamer davantage de soutien.

Une manifestation s'est déroulée sans incident à Bruxelles, au Mont des Arts. Des artistes, des réalisateurs, des cuisiniers, des patrons de boîtes de nuit, des barmans et bien d’autres encore n’arrivent plus à nourrir leurs familles et à payer leurs factures, comme l’explique Carl de Moncharline, un des organisateurs de la manifestation : "On n’a pas tous la même situation, mais on est tous dans la merde si vous permettez une expression un peu vulgaire. Même si c’est à des degrés différents, il y a une morosité ambiante. Cela devient franchement fatigant pour tout le monde : on travaille avec la boule au ventre et on n’a aucune perspective. Quel est le chef d’entreprise qui peut travailler sans perspective ? Il n’y a pas de légalité à la chose : si demain on est jugé pour une faillite, on est responsable comme chef d’entreprise. Aujourd’hui il n’y a rien, il n’y a pas d’espoir, il n’y a aucun schéma existant avec une sortie de crise prévue à un moment donné ! Il y a des centaines de milliers de personnes dans ce secteur et on n’en parle même pas ! Personnellement je trouve cela un peu scandaleux".


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Des bulles de 400 personnes ont été séparées par les organisateurs. "On voulait que les consignes de sécurité soient bien respectées et on ne voulait surtout pas donner une mauvaise image de nos secteurs, qui sont déjà suffisamment caricaturés comme cela", selon Carl de Moncharline.

Un petit groupe de manifestants contre les mesures de lutte contre le coronavirus a rallié la manifestation par solidarité, après une action à la Tour des finances. Les organisateurs les ont priés de s'écarter afin de ne pas mélanger les discours et de ne pas risquer d'éclipser les revendications des secteurs culturel et événementiel.

Le titre de Stromae "Alors, on danse" a été passé en début de rassemblement, mais la foule est symboliquement restée figée.

De nombreux secteurs en lien avec le public étaient représentés, à commencer par l'événementiel, les discothèques, le cirque, le cinéma, la culture et l'horeca. Une dizaine d'intervenants ont pris la parole pour exprimer la précarité dans laquelle ils sont tenus depuis plusieurs mois.

"La culture, c'est 5% du PIB"

"On attend une évolution et de pouvoir travailler avec la maladie", résume Carl de Moncharline. "On voudrait pouvoir relancer les différents secteurs d'activité. La culture, c'est 5% du PIB. On ne peut en tout cas pas continuer à avoir des Conseils national de sécurité (CNS) où on ne parle même pas de nous. Ce n'est pas acceptable. Il y a des milliers de gens qui sont plongés dans des difficultés sans nom et dont une partie ne va pas survivre... On attend des mesures autres que moyenâgeuses, avec des saignées et des ventouses, mais des mesures chirurgicales car les métiers sont très différents les uns des autres. On veut qu'ils se plongent dans la problématique du secteur de manière individualisée. Maintenant, je pense que quand on sort d'une convalescence, on ne va pas courir en forêt le lendemain. Il faut donc rouvrir les secteurs de manière progressive. On est tous des professionnels et on est capables de bien le faire", conclut-il.

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