Le Scan: tennis, corruption et paris truqués

Le Scan : tennis, corruption et paris truqués
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Fin août, Alexander Dolgopolov, 50ème joueur mondial, est suspecté d'avoir truqué l'un de ses matchs. Depuis, l’Ukrainien est sous le coup d'une enquête de la Tennis Integrity Unit, chargée d’enquêter sur les fraudes et de protéger les joueurs. Un exemple parmi d'autres. "Le phénomène est clairement en augmentation. Ce sont surtout les plus petits tournois qui sont touchés", explique Pierre Delahaye, secrétaire général de l'Association francophone de tennis (AFT). 

Truquer un match contre 2000 dollars

Des compétitions qui ont lieu partout dans le monde et sur lesquelles il est possible de parier. Des joueurs sont approchés par des inconnus via des numéros masqués ou des petits papiers discrètement glissés pour truquer un match. Le Scan a contacté des Belges classés au-delà des 200 premières places mondiales. Anonymement, plusieurs d'entres-eux confirment avoir été approchés. "Pour perdre un set ou un match, on vous propose généralement 2000 dollars", confie l'un de ces joueurs.  

Dans les petits tournois, le gagnant n'empoche parfois que 1000 ou 2000 dollars. Pour rentrer dans leur frais, certains acceptent de tricher pour des montants plus élevés. Derrière cette corruption, une mafia.

Le courtsiding, l'autre fléau

Les sociétés de paris vous permettent de miser en direct sur chaque point. Des escrocs présents physiquement lors des tournois profitent d'un délai de quelques secondes entre la fin d'un point et son officialisation sur les sites de paris, pour miser. En direct, ils transmettent le résultat à des dizaines de parieurs, en ligne. Ils ont alors quelques secondes pour jouer et sont gagnants à coup sûr.

Derrière ces méthodes, des mafias, encore, qui couvrent la plupart des tournois dans le monde. Pour contrer ce fléau, les arbitres sont formés pour reconnaître les éventuels courtsiders. Ils doivent également valider le point le plus rapidement possible, pour diminuer les délais de réaction des parieurs. Mais cela ne suffit pas toujours. "Certains courtsiders sont équipés de branchements très sophistiqués dans leurs poches, qui leur permettent de passer presque inaperçu". 

Pour les combattre, des détectives traquent ces parieurs-escrocs, mais uniquement lors des grands tournois. Pour la Commission des jeux de Hasard, il faudrait disposer d'une base de données des paris en temps réel pour repérer les mises suspectes. Pour l'AFT, le problème, ce sont ces paris qui pourrissent le tennis.

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