Le Scan: enquête sur le trafic de faux diplômes, difficilement détectables

Le trafic de faux diplômes est un commerce mondial. Sur Internet, on peut tout acheter. En quelques clics, vous pouvez devenir, sur papier, un as de la finance, un médecin ou un professeur de français. Et ce, dans n'importe quelle université au monde. Dont des établissements belges comme l'ULB, par exemple.

Nous avons acheté deux diplômes issus d'universités françaises. Des faux documents qui sont généralement très bien réalisés. Un baccalauréat et une licence. Le tout pour 200 euros. Livrés quelques jours plus tard, par la poste.

Le résultat est bluffant, comme le confirme Emmanuel Chomarat, patron d'une société parisienne spécialisée dans la vérification de diplômes. "Ils sont magnifiques. Si on ne vérifie pas à la source, on ne peut pas détecter que ce sont des faux."

Que peut-on faire de ces diplômes ?

Question : avec les faux documents français, est-il possible d'entrer dans le système d'étude de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Selon toutes vraisemblances, oui. Pour obtenir une équivalence, il faut le diplôme, un relevé de notes ou encore une copie certifiée conforme. Tout peut s'acheter sur Internet. Et on l'avoue, on ne vérifie pas scrupuleusement tous les dossiers issus des pays de l'Union européenne. "On fait confiance à l'autorité qui a certifié conforme", confie-t-on du côté de service équivalence de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Des dossiers passent entre les mailles du filet. C'est une certitude. "On a du mal à reconnaître les faux documents qui sont très bien réalisés", avoue Chantal Kaufmann, directrice de l'enseignement supérieur non obligatoire à la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Les faux : une pratique marginale ? 

Que ce soit dans les milieux universitaires, le monde du travail ou les agences de recrutement, tout le monde vous dira que la pratique est peu fréquente. Or, personne ne vérifie. "Pour authentifier un document. Il faut aller à la source", dit Emmanuel Chomarat, de Verifdiploma. "Avouer qu'on s'est fait piéger, ce n'est jamais bon à dire. Donc, tout le monde vous dira que cela est marginal."

Aucun chiffre n'existe, car beaucoup de documents passent sous le radar. La société d'Emmanuel Chomarat possède ses propres chiffres : sur 50 000 documents analysés, pratiquement un sur dix est faux. 

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