Le Scan : comment aider à réduire la pollution numérique ?

Le Scan : la pollution numérique si invisible ?
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On est tous de plus en plus collé à notre smartphone, on passe notre temps à regarder des vidéos en streaming, on envoie des e-mails, des messages, des photos ou encore on fait plusieurs dizaines de recherches sur internet par jour. Mais sans avoir toujours conscience que tous ces gestes ont un impact environnemental important. C’est ce que l’on appelle la pollution numérique.

Le numérique est, aujourd’hui, responsable de 3 à 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Et d’ici moins de dix ans, selon les prévisions, elles pourraient doubler.

D’où provient cette pollution ?

C’est d’abord la production des appareils numériques qui a un impact environnemental important. L’extraction des ressources minérales nécessaires à la fabrication est très énergivore. "Sans le savoir, le numérique utilise beaucoup d’énergie fossile", explique Hugues Ferreboeuf, un expert français de la transition énergétique. "90% de la production des équipements se fait aujourd’hui dans des pays où l’énergie est très carbonée."

Si l’on prend l’exemple d’un smartphone, 80% des émissions de gaz à effet qu’il va générer se passent au moment de sa production.

Mais notre utilisation a aussi un impact. "Cela consomme de l’électricité, qu’il faut aussi produire et, généralement, cela se fait dans des pays où la source majeure est encore le charbon." Toutes nos données sont stockées dans des data centers et ces centres sont aussi très énergivores pour fonctionner en continu.

Quels sont les gestes à adopter ?

Si l’on n’a pas toujours conscience de participer à cette pollution numérique, il est pourtant possible de réduire notre empreinte digitale. Comment ? Ce qui pollue le plus dans nos comportements aujourd’hui, c’est la vidéo. On la consomme désormais partout et surtout, la définition est de plus en plus grande. "A chaque fois que l’on change de génération pour la définition des vidéos, pour transmettre la même chose, on va utiliser 3 fois plus de bande passante, de volume de données", précise Hugues Ferreboeuf.

Si cela est possible, "diminuer la définition des vidéos que vous regardez autant que possible. Et évitez le démarrage automatique des vidéos sur les réseaux sociaux. Et posez-vous la question de savoir s’il faut vraiment regarder autant de vidéos", confie Olivier Vergeynst, le fondateur de Green IT Belgium.

Il y a notre consommation énergétique, que l’on perçoit mais ce n’est pas tout. "Il y a ce que notre télévision consomme mais surtout, pour que l’on puisse regarder des vidéos sur Netflix par exemple, il y a toute une infrastructure derrière qui fonctionne et sa consommation d’énergie augmente de 9 à 10% par an" explique Hugues Ferreboeuf.

Favoriser le wifi est aussi un geste qui réduira votre empreinte. La regarder avec du Wifi plutôt qu’en 4G a un impact. "Les données mobiles consomment beaucoup plus d’énergie que les données filaires et le wifi est une extension de ces données filaires. Si vous êtes en 4G, vous consommez 3 fois plus d’énergie qu’en wifi", explique Olivier Vergeynst.

Les mails sont aussi une source importante de pollution numérique. Il y a ceux que l’on conserve mais le problème principal vient surtout ceux que l’on envoie. "Il faut essayer de réduire la quantité de mails que l’on envoie mais aussi d’éviter de mettre des pièces jointes, des photos, des documents. Il vaut mieux utiliser des plateformes de partage comme par exemple WeTransfer. Le transfert de données utilise autant d’énergie qu’un an de stockage. Et lorsque vous envoyez un mail, il va être répliqué plusieurs fois."

Le reconditionnement, une solution ?

Un autre aspect important, c’est la fréquence à laquelle on change nos appareils. Puisque c’est au moment de leur fabrication qu’ils polluent le plus, les changer moins souvent réduira votre empreinte. Le secteur du reconditionnement se développe mais c’est parfois assez opaque, on ne sait pas toujours d’où ces téléphones remis presque à neuf proviennent. Et puis, ils retraversent parfois une bonne partie de la planète avant que vous ne l’achetiez. G

Geoffroy Van Humbeeck a créé la start-up aSmartWorld en Wallonie. Son objectif est de travailler le plus localement possible. "Nous collectons exclusivement des smartphones auprès d’entreprises et de particuliers en Belgique. Nous les reconditionnons dans nos ateliers à Genval et nous les remettons en circulation auprès d’utilisateurs finaux en Europe afin d’assurer la meilleure traçabilité possible. Et pour réduire au maximum les trajets, nous utilisons des pièces venant de certains appareils pour en réparer d’autres."

L’objectif est de ne pas faire venir des pièces de l’autre bout du monde avant de revendre les smartphones.

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