Le Scan : combien coûtent les distributeurs automatiques de billets ?

Un distributeur de billets, en résumé, c’est un ordinateur relié à un coffre-fort.

Jennifer Neuville fait partie de l’équipe de management d’une agence Axa indépendante (franchisée) à Woluwe-Saint-Lambert. Nous l’avons suivie au moment de recharger l’unique distributeur de billets de l’agence. "On est dans la zone de chargement de l’appareil. On charge en billets de 20 et de 50 euros pour que les clients puissent retirer le montant de leur compte. Il y a une serrure de temporisation, on ne sait pas l’ouvrir comme ça. Il y a beaucoup d’argent dedans, il y a tout un système de sécurité autour. On comprend donc que ça a un certain coût".

Le coût ? Plus de 1000 euros par mois en moyenne

Dans cette agence, le distributeur de billets a été installé au moment de l’ouverture, en octobre 2018. C’est une décision du banquier indépendant lui-même. "Tous les frais d’installation ont été à notre charge, explique Didier Neuville, codirecteur de l’agence. Mais la machine a été achetée par notre groupe bancaire et nous payons un loyer mensuel. Il est de 1200 euros par mois. Donc à partir du moment où le distributeur a été installé, nous savions exactement quel serait le loyer. Nous connaissons aussi à l’avance les frais d’utilisation puisque tout est compris dans ce loyer. Il n’y a pas de frais supplémentaire d’entretien, de réparation, de sécurité… il y a bien sûr une taxe régionale et une taxe communale sur les distributeurs de billets. On peut les estimer plus ou moins à 1000 euros chacune mais dans notre cas, elles sont prises en charge par le siège central de notre groupe bancaire. ".

Mais attention, ce qui est vrai pour un distributeur, ne l’est pas forcément pour l’autre. Tout dépend en fait de la nature de la machine, des frais ou encore des taxes. Pour avoir un autre point de comparaison, nous avons contacté un autre groupe bancaire actif en Belgique : ING.

Par courriel, la banque nous a envoyé des chiffres intéressants même si cela reste des estimations :

  • Un distributeur qui permet de retirer et de déposer de l’argent coûte + – 22.000 € au moment de l’achat. Cet investissement est amorti sur 8 ans. La machine coûte donc 2750 € par an;
  • Les frais "de maintenance technique et IT" s’élèvent à ± 4000 € par an;
  • Les frais liés au transport en tous genres : ± 1500 € par an;
  • Les frais liés aux services (approvisionnement,…): ± 3000 € par an;
  • Les différentes taxes régionales et communales sont estimées à ± 2000 € par an;
  • Il existe enfin des coûts annexes liés à la sécurisation, le nettoyage ou le pourcentage du loyer lié à l’emplacement du distributeur.

Nous avons additionné ces coûts : la facture montera à plus de 13.000 € par an, soit en tout cas plus de 1000 € par mois.

La banque touche-t-elle de l’argent grâce au distributeur ?

Pour le savoir nous avons poussé la porte la Fédération belge du secteur financier (Febelfin).

Son porte-parole, Rodolphe de Pierpont, indique que "c’est surtout un poste de coût pour une banque et c’est vu dans le secteur comme un service aux clients. Il existe des mécanismes de compensations entre les banques car quand on est client dans une banque, on peut faire des retraits auprès des distributeurs d’autres banques. Le montant de cette compensation est très variable mais il faut savoir qu’il y a des banques qui ont un large réseau de distributeurs de billets et des banques qui ont des réseaux beaucoup plus petits. C’est un élément qui joue".

Il nous donne un exemple concret : "Si moi, en tant que client, d’une banque avec un petit réseau, je vais faire un retrait dans une banque avec un grand réseau de distributeurs, ma banque va intervenir pour participer aux frais de la grande banque. Ce système permet donc surtout une compensation de coût et ce n’est pas un poste sur lequel les banques gagnent de l’argent".

Mais cette "compensation" est-elle facturée à la personne qui vient retirer de l’argent ?

"C’est un choix individuel de chaque banque. Chaque banque s’organise commercialement pour dégager une rentabilité et couvrir l’ensemble de ses coûts précise Rodolphe de Pierpont. Ce qu’on voit aujourd’hui en Belgique, c’est que beaucoup de retraits sont encore gratuits ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres pays. Je rappelle que, pour le consommateur, le paiement par carte ou avec d’autres moyens électroniques comme le smartphone est toujours gratuit puisqu’une directive datant de l’année passée interdit de facturer des frais aux clients pour des paiements électroniques".

Ajoutons que certaines enseignes, comme BNP Paribas Fortis, KBC, Bpost ou ING font payer les titulaires de certains comptes de base pour certains retraits aux distributeurs d’autres banques. Ces frais sont pour l’instant compris entre 0,10 € à 0,50 € pour certains retraits, selon les enseignes. Certaines banques peuvent aussi inclurent ces types de frais dans les frais plus généraux sans les lier directement aux nombres de retraits effectivement effectués.

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