Le sac plastique jetable: il sera chassé dès 2016 et aura disparu en 2019

Des sacs en lin réutilisables plusieurs fois
Des sacs en lin réutilisables plusieurs fois - © Bagtogreen

Le sac plastique distribué aux caisses des grandes surfaces devrait être progressivement interdit à partir de 2016 par le gouvernement wallon. Objectif : sa disparition totale des magasins et des marchés d’ici à 2019. L'interdiction devrait être applicable à partir de mi 2016 pour les sacs de caisse, et en 2017 pour les autres types de sacs, comme les emballages pour fruits et légumes en vrac. Il n’y a plus de fabricants de ce type de sacs en Belgique mais des pme produisent déjà de sacs réutilisables. Et de nombreuses recherches sont menées sur des matériaux alternatifs, biodégradables ou réutilisables, à base de végétaux.

Ça existe déjà

Chez Materia Nova, le centre de recherche sur les matériaux nouveaux, basé à Mons, Jean marie raquez étudie les polymères créés à base d’acides lactique ou d’amidon comme substitut au pétrole. " Il existe déjà des solutions pour remplacer les sacs à base de pétrole. Elles s’appuient sur la biomasse, c'est-à-dire des matières premières issues de l’agriculture. Des matériaux qui sont déjà commercialisés par des entreprises comme la société Galactics et utilisés, notamment, dans le secteur de l’emballage. Et des sacs destinés à être distribués à grande échelle sont déjà utilisés dans certains magasins comme les Fnac par exemple. L’interdiction progressive des sacs plastiques va sans aucun doute dynamiser ces recherches et procurer de nouveaux débouchés pour les pme wallonnes. Car la matière première est tout à fait disponibles chez nous " conclut le chercheur.

Des vers de farine contre le polyéthylène

Une société française vient aussi de découvrir un procédé qui permet de rendre ces sacs biodégradables, avec un délai de destruction de 3 mois contre … 400 ans jusqu’ici. Enfin, les Etats-Unis étudient très sérieusement la piste des vers de farine qui ont la particularité de très bien digérer le polyéthylène. Avec 7 milliards de tonnes de sacs plastiques qui se retrouvent chaque année dans les océans, ils auront de quoi se payer de belles indigestion.

des alternatives nombreuses et variées

L’association Consommateurs Eco Responsable a recensé plusieurs alternatives. La première est le sac en plastique réutilisable en PELD (polyéthylène basse densité): robuste et d'un prix modique à l'achat (0,10€). Les grandes surfaces le remplace gratuitement, lorsqu'il est abîmé. Il existe des sacs en plastique réutilisables isothermes qui permettent de transporter des surgelés.

Vient ensuite le sac en polypropylène tissé (0,90€) : bien plus robuste que le sac en polyéthylène. Sa capacité est plus importante. Le sac en coton ou en toile de jute permettent, eux, de transporter les bouteilles de vin et comportent six compartiments.

Utiliser le lin comme matière première bio

Mais il existe depuis quelques mois une nouvelle alternative. La société namuroise Bagtogreen a été fondée en septembre dernier par Isabelle Deltour. Elle s’est lancée dans l’aventure en apprenant que l’Europe allait interdire les sacs jetables à base de pétrole. Son idée : utiliser le lin comme matière première pour fabriquer des sacs pour transporter des fruits et légumes et du pain. " Le lin est une matière naturelle qui pousse facilement et n’a pas besoin de produits chimiques. Il se cultive très bien chez nous et constitue une fibre idéale pour la fabrication de sacs robustes et étanche. Ils peuvent être réutilisés de nombreuses fois ", précise la conceptrice de ces sacs qui sont déjà disponibles dans les magasins spécialisés dans le bio.

Les grandes entreprises s'y mettent aussi

A commencer par la grande distribution qui à travers sa fédération du commerce et des services (Cameos)  a déjà réduit de 86% le tonnage de sacs jetables entre 2003 et 2012. Une économie de plus de 5000 tonnes de plastique. De leur côté ; les 3 fédérations patronales ( FEB, Voka, Beci et UWE) se sont associées au sein de la Plateforme commune 'Emballages et déchets d'emballages. Elles sont prêtes à s’engager dans cette réduction mais conditionnent leur participation à des ajustements de la loi, notamment sur la définition de " sac plastique à usage unique ". Le décret doit encore être définitivement approuvé par le gouvernement, en troisième lecture, et ensuite voté au parlement wallon. Le cabinet du ministre précise qu'il est favorable à une mise en œuvre progressive, en concertation avec les différents secteurs concernés

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