Le sable, ressource en danger: l'ONU tire la sonnette d'alarme

Le sable en pénurie
Le sable en pénurie - © RTBF

Après l’eau et l’air, le sable est le matériau brut le plus utilisé au monde, principalement dans la construction pour faire du béton, mais aussi dans la fabrication du verre, de produits électroniques et dans l'aéronautique. Les extractions de sables de plus en plus importantes, ne sont pas sans conséquences sur notre environnement. L’ONU a récemment tiré la sonnette d'alarme.

Le rapport de l’ONU cite notamment le cas extrême de Singapour où l’on se sentait trop à l'étroit. Les responsables de la ville ont alors décidé de gagner du terrain sur la mer en faisant venir des centaines de millions de tonnes de sable d'Indonésie, provoquant la disparition de 24 îles.

Un phénomène omniprésent

On estime qu'en 2012, on a extrait plus de 26 milliards de tonnes de sable rien que pour fabriquer du béton. Tous usages confondus, 40 milliards de tonnes seraient prélevées chaque année.

Les grains de sable des déserts sont trop ronds pour la construction. Jusqu'il y a peu, on utilisait surtout le sable des carrières ou des rivières mais on s'est désormais aussi tourné vers la mer affectant ainsi la faune et la flore marines, et accentuant l’érosion des côtes. Pour l'ONU, il est urgent de prendre le problème à bras le corps.

Des solutions existent mais au-delà de règles plus strictes, le recyclage des matériaux de construction doit être encouragé.

Qu'en est-il en Belgique?

La sablière de Mont-Saint-Guibert, d’où sortent chaque année pas moins de 700 000 tonnes de sable, est la plus grande du pays. Pour son directeur Vincent Peetroons, "c’est l’une des richesses du Brabant wallon". Pourtant pour lui, la belle époque est bien révolue : "dans les années ‘80, il y avait à peu près 50 sablières en Belgique. Aujourd’hui il n’en reste que deux en Brabant wallon et cinq maximum en Belgique".

Comment expliquer une telle baisse ?

L’urbanisation est en cause. Les exploitants ne pouvant plus étendre leurs sablières, lorsque les permis sont arrivés au bout de leur exploitation, ils n’ont pas été renouvelés. On s’est alors tourné vers la Mer du Nord. Marc Roche, géologue au SPF économie explique que "chaque année, 2 millions de mètres cubes de sable sont extraits pour l’industrie, et donc destinés à la construction". Il précise encore que "depuis deux ans, 2 millions de mètres cubes de sable ont été extraits par an pour le remblaiement des plages".

Une exploitation sous contrôle qui modifie le paysage marin

Pour creuser, la détention d’un permis est obligatoire et il ne faut pas dépasser la limite légale, car précise encore marc Roche : "le sable ne revient pas. Il n'y a pas de renouvellement du stock et ce qui est extrait est perdu pour les générations suivantes". Aujourd’hui, on n’a pas encore évalué l'incidence de l'extraction du sable à très long terme.

D. Van Ossel – J. Pitsci avec I.L.

 

 

 

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