Le RER est terminé en Flandre mais coince à Bruxelles, François Bellot pointe du doigt les autorités bruxelloises

Le RER avance ! En tout cas en Flandre. La SNCB, Infrabel ainsi que le gouvernement fédéral ont inauguré ce mercredi matin un nouveau tronçon à quatre voies entre Bruxelles et Denderleeuw. Il s’agit de la ligne 50A, longue de 15 kilomètres entre Anderlecht et Lombeek-Sainte-Catherine, près de Ternat. Cette ligne est une étape importante dans la mise en service du RER puisqu’il s’agit du tronçon le plus emprunté du pays, 275 trains par jour, jusqu'à 25 par heure en heure de pointe. Ce chantier, démarré en avril 2008, représente un investissement de 540 millions d’euros

Côté flamand, les travaux du RER sont maintenant "terminés à 99%". Il ne reste plus que quelques opérations techniques à réaliser à la frontière entre la Flandre et Bruxelles, selon Infrabel, gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge.

La mise en service effective de cette ligne est prévue pour le 9 décembre prochain lors de l’application du nouveau plan de transport. Cependant, toute la ligne n'est pas encore totalement opérationnelle puisque certains aménagement bruxellois tels que la gare d'Anderlecht ne sont pas encore terminés.

Côté wallon, le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, indique à la RTBF qu'un train circulera tous les quarts d'heure entre Bruxelles et Louvain-la-Neuve à partir de 2023-2024, et toutes les demi-heures entre Bruxelles et Nivelles aux mêmes dates. "Mais au fur et à mesure, on ajoutera des points d'arrêts supplémentaires sur ces lignes. Le matériel roulant a en tout cas déjà été livré à la SNCB", a précise François Bellot.

"Les travaux du RER sur la ligne ferroviaire Bruxelles–Ottignies (ligne 161) ont repris au début de cette année (28 mars 2018), tandis que les travaux préparatoires sur la ligne ferroviaire Bruxelles–Nivelles (ligne 124) ont redémarré en août. Aujourd'hui, les axes  Bruxelles–Halle (ligne 96N depuis 1996) et Bruxelles–Leuven (ligne 36N depuis 2006) sont en service et comptent également 4 voies", indique encore un communiqué d'Infrabel. Le visage final du RER est lui toujours prévu pour 2031.

"Cela fait trois semaines que j'appelle Rudi Vervoort, il ne répond jamais"

Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), pointe du doigt les autorités bruxelloises dans le manque d'avancement du RER à Bruxelles, alors que la Flandre termine ce mercredi son réseau. En cause, une signature bruxelloise qui manquerait dans l'accord du coopération du RER et qui bloquerait les investissements pourtant prévus par le fédéral. 

En mars dernier, le gouvernement fédéral débloquait en effet un milliard d'euros pour terminer le RER. Suite à cela, le ministre fédéral de la Mobilité a relancé le comité exécutif des ministres de la Mobilité dont font partie les ministres régionaux afin de signer un accord. Mais alors que les ministres wallon et flamand l'ont signé, ce n'est pas le cas côté bruxellois.

"L'accord de coopération entre les entités fédérées date d'avril 2018, indique le ministre de la Mobilité au micro de la RTBF. Et lorsque j'envoie les dossiers à signer aux régions, la région bruxelloise refuse de signer. Cela fait 3 semaines que j'essaie de contacter le ministre-président Vervoort et il ne me répond jamais."

Ce blocage met en péril l'ensemble du projet appuie encore François Bellot. "Les chambres sont dissoutes fin mars, il me faut donc que l'accord soit voté avant cela sinon un futur gouvernement pourrait tout remettre en question. Il est urgent de signer cela aujourd'hui car ensuite, ces dossiers doivent être envoyés et votés par les parlements. Le calendrier parlementaire est très serré et ce n'est pas signé pour le 15 ou le 16 décembre, cela va devenir très compliqué. (...) J'en appelle maintenant à la responsabilité et basta les polémiques politiciennes !"

Il n'y a pas de considération pour Bruxelles et ses gares délaissées, répond Rudi Vervoort

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) a peu goûté le reproche que lui fait le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), de bloquer le développement du RER en refusant de signer l'accord de coopération déjà validé par les Régions wallonne et flamande. Il lui a répliqué mercredi matin que la petite enveloppe RER réservée à Bruxelles - selon lui 19 millions d'euros sur un milliard - ne tenait nullement compte des besoins en investissements du réseau à Bruxelles et de ses gares délaissées.

"Dans le dossier du RER, il convient de ne pas ajouter la caricature à l'absence de considération", a répliqué Rudi Vervoort. "En se félicitant que la Flandre et la Wallonie compensent les carences du budget fédéral en matière d'investissements, M. Bellot fait la démonstration de l'échec de sa politique et de la faiblesse du MR au sein du gouvernement fédéral. Nos demandes sont limpides: investir une enveloppe pleine pour des haltes stratégiques pour Bruxelles que nous, Bruxellois, définissons. Nous sommes prêts à signer, le gouvernement fédéral est-il prêt à écouter?", a ironisé Rudi Vervoort.

Selon lui, la Région bruxelloise ne bénéficie que de 19 millions pour définir ses priorités sur un montant global d'un milliard d'euros. "Il est piquant de constater que 371 millions sont réservés à la Flandre alors même qu'il est indiqué que le réseau régional est en passe d'y être achevé. Il est à présent expliqué que ces 19 millions d'euros seraient déjà amputés de plus de 6 millions affectés sans concertation aux quais de la Gare du Midi. Cela démontre que ces moyens ne servent pas de nouvelles priorités définies en bonne intelligence avec la Région, mais visent à compenser le désinvestissement structurel et chronique de la SNCB à Bruxelles", a ajouté le ministre-président bruxellois, demandant "non pas l'aumône, mais du respect".
 

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