Le réchauffement climatique rend les libellules plus petites et sensibles aux pesticides

Le réchauffement climatique rend les libellules plus petites et sensibles aux pesticides
Le réchauffement climatique rend les libellules plus petites et sensibles aux pesticides - © JULIAN STRATENSCHULTE - AFP

Le réchauffement climatique rend les espèces animales plus petites et plus sensibles aux pesticides, ressort-il de la thèse de doctorat d'une étudiante de la KU Leuven, Julie Verheyen. Celle-ci a étudié l'impact de la hausse des températures sur la taille des libellules et sur leur espérance de vie lorsqu'elles sont confrontées aux pesticides.

On savait déjà que le réchauffement climatique rendait les organismes vivants plus petits. A des températures plus élevées, le métabolisme se développe en effet plus rapidement, ce qui entraîne que les espèces évoluent plus vite mais deviennent plus petites. Avec un corps plus petit, les animaux deviennent par ailleurs plus sensibles aux pesticides, en absorbant des doses plus importantes proportionnellement à leur corps. L'étude de Julie Verheyen sur les larves de libellules illustre ce lien entre les deux phénomènes.

Un groupe de larves a été étudié à une température moyenne de 20°C tandis qu'un autre a été observé sous 24°C. Une différence de quatre degrés, donc, symbolisant le réchauffement attendu d'ici 2100.

Le pesticide chlorpyriphos-éthyl, notamment utilisé dans l'agriculture, a été ajouté à l'eau. Sous 20°C, environ 20% des larves sont mortes. A une température de 24°C, avec des variations de températures entre le jour et la nuit, les libellules étaient plus petites et la moitié n'a pas survécu.

Les discussions autour du changement climatique n'accordent pas assez d'attention à l'accentuation des effets négatifs de certains facteurs, comme les pesticides, estime le professeur Robby Stoks. "Pour certaines espèces, la hausse des températures représente déjà un problème. Ce serait dramatique qu'elles doivent en plus lutter contre d'autres éléments tels que les pesticides. D'autant que davantage encore de pesticides risquent d'être utilisés à l'avenir en raison d'une meilleure résistance des parasites à des températures élevées et à cause des hivers plus doux."

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