Le procès du scandale des "lasagnes au cheval" débute à Paris

Les marques Findus et Picard estiment avoir été trompées.
Les marques Findus et Picard estiment avoir été trompées. - © ANDREW YATES - AFP

Le procès de la fraude à la viande de cheval utilisée à la place de bœuf, impliquant tout un réseau européen, s’est ouvert lundi à Paris, soit sept ans après les faits.

Quatre inculpés sont poursuivis, principalement pour tromperie et escroquerie en bande organisée, dans cette affaire qui avait éclaté début 2013 au Royaume-Uni avant d’essaimer dans toute l’Europe.

Il s’agit de deux anciens dirigeants de la société française de transformation de viandes Spanghero, son ex-directeur général Jacques Poujol, l’ancien directeur de l’usine, Patrice Monguillon, ainsi que des négociants néerlandais Johannes Fasen et Hendricus Windmeijer, déjà condamnés aux Pays-Bas pour une fraude comparable. Tous sont présents devant le tribunal correctionnel, à l’exception de Johannes Fasen.

500 tonnes de viande

Des marques de surgelés reconnues comme Findus ou Picard, lourdement touchées, avaient massivement retiré de la vente leurs lasagnes « pur bœuf » et autres moussaka après des tests ADN ayant révélé qu’il s’agissait de cheval.

Les prévenus sont notamment soupçonnés d’avoir trompé la société luxembourgeoise Tavola ayant fabriqué les plats préparés pour ces marques, en lui vendant entre 2012 et début 2013 plus de 500 tonnes de viande faussement étiquetée « bœuf ».

Les investigations ont mis au jour une fraude organisée et lucrative, qui a pu prospérer sur des contrôles insuffisants.


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Tromperie généralisée

Ce scandale alimentaire – cependant sans danger pour la santé – avait révélé la complexité et l’opacité des circuits d’approvisionnement et de transformation, de l’abattage de l’animal à la commercialisation de millions de plats cuisinés.

Le volet Spanghero aujourd’hui devant la justice française est le plus connu, mais toute la viande de cheval retrouvée dans des plats « pur bœuf » à l’époque n’avait pas transité par cette seule entreprise.

Devant la presse, l’un des avocats de l’ancien directeur, Me Antoine Vey, a appelé à « ne pas faire de (son) client le responsable du système », assurant que ce dernier, « comme d’autres entreprises », a été « trompé » par le négociant Johannes Fasen, lequel plaide le contraire.

Parmi les parties civiles se trouvent notamment les marques Findus et Picard, la société Tavola et le distributeur Carrefour, ainsi que des associations de défense des consommateurs. Les audiences sont prévues du lundi au mercredi jusqu’au 13 février.

Archives: Journal télévisé 08/02/2013

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