Le "procès des hébergeurs" débute ce jeudi matin à Bruxelles

Ils seront onze sur le banc des accusés à devoir répondre de trafic des êtres humains et association criminelle. Sept d’entre eux sont des étrangers en séjour illégal qui tentaient de rejoindre l’Angleterre et puis, bien-sûr, il y a les quatre volontaires de la plateforme citoyenne du parc Maximilien. 

Il s’agit d’Anouk Van Gestel et Myriam Berghe, deux journalistes bien connues de la presse féminine belge, mais aussi Zakia S., une travailleuse sociale belgo-marocaine et Wahlid, un tunisien établi légalement en Belgique depuis 17 ans.

Ils reconnaissent tous être venus en aide à des personnes qui cherchaient à rejoindre illégalement l’Angleterre mais réfutent toute infraction. Ils l’ont fait par générosité et il n’a jamais été question de tirer le moindre profit, disent-ils, mais visiblement cela n’a pas suffi à convaincre les enquêteurs de leur bonne-foi.

Le parquet de Termonde a instruit le dossier, sur base d’écoutes téléphoniques réalisées par la police. Pourtant c’est bien devant les juridictions bruxelloises que se tiendra le procès, un détail qui a son importance selon Selma Benkhelifa l’avocate de l’un des prévenus: "C’est une affaire très technique, il faut que nos clients puissent participer à la discussion et donc le procès devait se faire en français".

Elle note aussi que l’influence de la N-VA est moins forte à Bruxelles qu’à Termonde : "C’est un procès éminemment politique. Jan Jambon a déclaré que la situation au parc Maximilien était la responsabilité des hébergeurs. On entend d’abord ces déclarations très provocantes et derrière on constate effectivement des poursuites qui vont dans ce sens".

"Ne pénalisez pas notre humanité"

Voilà le message qu’ont voulu faire passer les deux journalistes belges impliquées, à travers une lettre ouverte adressée à Charles Michel et publiée par Le Vif/L'Express.

Leur appel à visiblement été entendu par le monde associatif. Un rassemblement de soutien est prévu ce jeudi matin même place Poelaert. Selon Thomas Prédour, le porte-parole de "La solidarité n’est pas un crime", il existe en Belgique une volonté de criminaliser l’aide aux migrants afin de l’étouffer: "Nous nous préférons parler du procès de la solidarité plutôt que du procès des hébergeurs. Nous allons nous mobiliser tout au long du procédure qui devrait durer jusqu’en octobre".

Ce premier jour du procès devrait être dédié aux procédures préliminaires et à la fixation de l’agenda. Les prévenus risquent tous une peine allant jusque dix ans de prison.

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