Le prêtre Gabriel Ringlet: "Il y a aussi des gilets jaunes silencieux"

Prêtre, écrivain et ancien vice-recteur de l’UCL, Gabriel Ringlet est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 22 décembre sur La Première. En cette veille de Noël, il pose un regard introspectif, philosophique et théologique sur l’actualité.

À travers ce mouvement des gilets jaunes, Gabriel Ringlet voit avant tout une frange de la population absente des rues : "celle qui n’est pas allée manifester, qui ne s’est pas manifestée. Les personnes âgées par exemple, chez qui la solitude est terrible. Elles n’étaient pas dans la rue".

À côté d’elles, une autre catégorie de souffrants silencieux existe, selon lui : "Ceux qui sont en burnout, des gens qui sont en immense souffrance, parce que le rythme est devenu infernal. Qui eux non plus ne manifestent pas, qui eux aussi sont gilets jaunes symboliquement mais de manière silencieuse".

Je rêve d'un roi qui soit hors cadre

Un prochain rendez-vous annuel traditionnel pour les Belges, c’est le discours de Noël du Roi Philippe. Un instant que Gabriel Ringlet voudrait voir changer : "Je rêve d’un Roi qui soit hors cadre, qui ose dire 'je'. Je rêve d’un message qui vienne des tripes, qui ose nous surprendre, qui puisse nous déplacer. Peut-être à ce moment-là que des oreilles s’ouvriront." Le jeu d’équilibriste du Roi pose en effet problème à Gabriel Ringlet. "Ni à droite, ni à gauche, ce n’est pas selon moi la manière dont on va indiquer un horizon et être au-dessus de la mêlée." Il fait aussi un parallèle avec le Pape François. Il a ouvert récemment le Vatican à des migrants. "Pourquoi Philippe n’ouvrirait pas Laeken à des migrants, lui aussi ? J’aimerais qu’un Roi puisse aussi venir provoquer son pays". 

Il a dit

À propos de la démission du gouvernement : "Je suis heureux que ce gouvernement soit tombé sur la question migratoire, car c’est vraiment la question clé."

Sur la pédophilie dans l’Eglise : "Le célibat imposé aux hommes d’Eglise explique en grande partie le phénomène de la pédophilie.

Concernant le Pape François : "Qui ose s’attaquer à sa propre administration comme lui le fait avec la curie romaine ? Qui ose tenir le discours qu’il tient sur l’économie qui écrase ? Mais je pense que ce pape reste extrêmement classique sur les questions éthiques comme l’avortement, la pédophilie ou l’euthanasie par exemple."

La personne de l’année ? "Ce n’est pas le gilet jaune, mais la blouse blanche."

Gabriel Ringlet met Emmanuel Faber, patron de Danone à l’honneur : "Ce grand patron s’interroge et peut-être que l’avenir de la planète viendra aussi d’un véritable tournant de ce côté-là."

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