"Le pourcentage d'enfants qui ne peuvent pas partir en vacances est très élevé"

"Le pourcentage d'enfants qui ne peuvent pas partir en vacances est très élevé"
"Le pourcentage d'enfants qui ne peuvent pas partir en vacances est très élevé" - © Tous droits réservés

29% des enfants souffrent de déprivation à Bruxelles, 22% en Wallonie et 8% en Flandre.  Voici ce qui ressort de la vaste étude "La pauvreté et la déprivation des enfants en Belgique" dévoilée cette semaine par la fondation Roi Baudouin, et qui s'intéresse aux difficultés concrètes vécues par les enfants dans leur quotidien.

Gouffre entre la Flandre et Bruxelles

Invitée de La Première, la chercheuse Anne-Catherine Guio met les choses en perspective par rapport aux autres pays européens. Avec 8%, la "Flandre se situe plutôt au niveau des pays nordiques. Bruxelles se situe au niveau de pays comme la Lituanie ou le Portugal. La Wallonie est plutôt à un niveau central comme le Royaume-Uni".

Quelle différence entre pauvreté et déprivation? "D'habitude au niveau européen, on mesure la pauvreté avec une mesure monétaire", explique Anne-Catherine Guio. "On s'attache aux revenus de la famille et on regarde s'il est au dessus ou au dessous d'un seuil de pauvreté qui dépend de chaque pays. La différence ici [avec la déprivation], c'est qu'on regarde les conditions spécifiques des enfants, ce qu'ils sont capables de faire au quotidien. Ont-ils assez de nourriture? Des légumes, des vêtements à la bonne taille, des livres adaptés?"

Certains critères sont plus problématiques que d'autres. Par exemple, "le pourcentage d'enfants qui ne peuvent pas partir en vacances est très élevé", ajoute-t-elle. "A Bruxelles, le problème est vraiment très présent dans toutes les dimensions."

Le poids de l'implication sur le marché du travail

Cette étude a également tenté de mesurer les causes de cette déprivation. "L'implication sur le marché du travail est vraiment très important et on n'est vraiment pas bien placés au niveau européen", explique Anne-Catherine Guio. "Il y a une proportion énorme des enfants déprivés qui vivent dans des ménages sans emploi. Mais ce n'est pas qu'un problème d'emploi, c'est aussi un problème de couverture sociale. Les ménages sans emploi sont particulièrement sujets à la déprivation."

Deuxième facteur important: le poids des coûts du logement. "Un loyer pèse énormément et les ressources du ménage ne sont pas disponibles pour d'autres dépenses", déclare Anne-Catherine Guio.

L'étude conclut en faisant une série de recommandations au monde politique: "Les allocations sociales ne sont pas suffisantes pour sortir les personnes qui sont sans emploi de la déprivation. Ensuite, l'école pourrait jouer un rôle en donnant aux enfants des repas gratuits. Il y a des pays qui le font, et pas seulement pour les enfants pauvres. etc".

Notons que notre notre opération de collecte de fond Viva For Life, au profit de jeunes enfants sous le seuil de pauvreté, commence dès ce lundi 17 décembre.

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