Le poisson rouge ne sera plus un prix de loterie

Chiens, chats, lapins ou poissons rouges méritent mieux qu'un achat compulsif contraire à leur bien-être
Chiens, chats, lapins ou poissons rouges méritent mieux qu'un achat compulsif contraire à leur bien-être - © BEHROUZ MEHRI - AFP

En commission, le Parlement de Wallonie examinait ce lundi une proposition du ministre Di Antonio qui veut interdire la commercialisation d’animaux dans les lieux publics. En-dehors de manifestations comme les marchés d'animaux ou les expositions d'animaux, ce sera interdit. Autrement dit, fini de voir les animaux de compagnie ou même les poissons rouges exposés sur la voie publique ou échangés lors de fêtes foraines. Une proposition qui ne fait guère débat mais à laquelle l’opposition n’a pas souscrit. Trop tiède et incomplète, estiment MR et Écolo.

Éviter les achats compulsifs

L’intention du ministre est louable : interdire l’achat compulsif et éviter que des animaux paient le prix de ces pratiques qui ne s’accordent pas avec leur bien-être. "Cet avant-projet de décret, affirme le ministre, permettra de mettre fin à des pratiques aujourd’hui dépassées mais cependant persistantes comme l’échange d’animaux contre des points gagnés lors de fêtes foraines." Cela ne plaît pas à quelques dizaines de forains, explique Carlo Di Antonio, mais il faudra bien que les derniers résistants s'inclinent.

Peut mieux faire

Sur le principe, tout le monde est d’accord et la proposition ne vexe aucun député. En revanche, sur les bancs de l’opposition on s’étonne de sa timidité. Selon Philippe Dodrimont, le décret ne va pas changer grand-chose. Il aurait par exemple été plus efficace, selon lui, d’intégrer cette mesure dans un code du bien-être animal, promis par le ministre mais qui se fait toujours attendre. Pour le député libéral, "On est ici face à quelque chose qui ne va pas modifier de façon conséquente les problèmes rencontrés pour le bien-être animal."

Ne pas oublier Internet

Réaction comparable d’Écolo qui signale que le décret ne touche qu’à un des enjeux relatifs au respect des animaux. Par ailleurs, signale Hélène Ryckmans, interdire ce commerce sur les lieux publics ne suffit pas. Il faut, dit-elle l’interdire dans l’espace public. "On voit déjà, par le biais des réseaux Internet, qu’on achète et qu’on commercialise des animaux qui sont en quelque sorte blanchis et remis sur le marché."

A défaut de mieux

Au final, même s’il ne suscite pas de refus catégorique, le décret ne semble guère mobilisateur. Jugé incomplet par une partie des députés, il a été accepté par la majorité alors que l’opposition s’est abstenue. Le texte sera examiné - et sans doute accepté - en séance plénière dans 15 jours.

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